Publié le 14 janvier 2024 à 18h35. L’ancien président américain Donald Trump ambitionne de créer un nouveau conseil de dirigeants mondiaux pour superviser la reconstruction de Gaza et la résolution des conflits internationaux, suscitant des réactions diverses et des interrogations sur son rôle potentiel en tant qu’alternative au Conseil de sécurité de l’ONU.
- Plusieurs pays, dont la Hongrie et le Vietnam, ont déjà accepté de rejoindre ce « Conseil de la paix » proposé par Donald Trump.
- Une contribution financière d’un milliard de dollars garantirait un siège permanent au sein de ce conseil, les fonds collectés étant destinés à la reconstruction de Gaza.
- L’initiative pourrait constituer une alternative au Conseil de sécurité de l’ONU, dont l’action a été bloquée par des vetos américains concernant la guerre à Gaza.
L’ancien président américain Donald Trump a lancé une initiative visant à créer un nouveau conseil de dirigeants mondiaux, baptisé « Conseil de la paix », qui superviserait les prochaines étapes à Gaza et s’attacherait à résoudre d’autres conflits internationaux. Selon des informations révélées dimanche, au moins sept autres pays ont reçu une invitation à rejoindre cette structure, en plus de la Hongrie et du Vietnam qui ont déjà donné leur accord.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a confirmé son intention de participer, selon son ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó. M. Orbán est connu pour son soutien fervent à Donald Trump en Europe. Le chef du Parti communiste vietnamien, To Lam, a également fait part de son acceptation, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères de son pays.
L’Inde, la Jordanie, la Grèce, Chypre et le Pakistan figurent également parmi les nations invitées, selon des sources gouvernementales qui ont requis l’anonymat. Le Canada, la Turquie, l’Égypte, le Paraguay, l’Argentine et l’Albanie avaient déjà reçu une invitation. Le nombre total de pays sollicités reste pour l’instant inconnu.
Selon un responsable américain, cité sous couvert d’anonymat, une contribution financière d’un milliard de dollars garantirait un siège permanent au sein du conseil d’administration dirigé par Trump, en lieu et place d’une nomination de trois ans sans condition financière. Les fonds collectés seraient alloués à la reconstruction de Gaza, un territoire dévasté par les récents affrontements.
Les États-Unis devraient dévoiler la liste officielle des membres du conseil dans les prochains jours, possiblement lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Ce conseil supervisera la mise en œuvre des prochaines phases du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, notamment la création d’un nouveau comité palestinien à Gaza, le déploiement d’une force de sécurité internationale, le désarmement du Hamas et la reconstruction du territoire.
Dans les lettres d’invitation adressées aux dirigeants mondiaux, Donald Trump a affirmé que le Conseil de la paix « se lancerait dans une nouvelle approche audacieuse pour résoudre les conflits mondiaux ». Cette initiative pourrait ainsi se positionner comme un concurrent potentiel du Conseil de sécurité des Nations Unies, créé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’action de ce dernier a été entravée par les vetos américains visant à empêcher toute mesure pour mettre fin à la guerre à Gaza, tandis que l’influence de l’ONU a été affaiblie par des réductions significatives de financement, notamment de la part de l’administration Trump et d’autres donateurs.
Les lettres de Trump mentionnent également que le Conseil de sécurité avait approuvé le plan de cessez-le-feu en 20 points proposé par les États-Unis pour Gaza, qui prévoit la création de ce conseil. Certaines de ces lettres ont été publiées sur les réseaux sociaux par les destinataires.
La Maison Blanche a également annoncé la semaine dernière la composition d’un comité exécutif chargé de mettre en œuvre la vision du Conseil de la paix. Cependant, Israël s’est opposé samedi à ce comité, estimant qu’il n’avait pas été coordonné avec Israël et qu’il contredisait sa politique, sans fournir de détails. Cette critique, rare, émane du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu, un allié proche de Washington.
Le comité exécutif comprend le secrétaire d’État américain, l’envoyé de Trump Steve Witkoff, le gendre de Trump Jared Kushner, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le président de la Banque mondiale Ajay Banga, le conseiller adjoint à la sécurité nationale de Trump Robert Gabriel, ainsi qu’un entrepreneur israélien, le milliardaire Yakir Gabay. Des représentants des observateurs du cessez-le-feu du Qatar, de l’Égypte et de la Turquie en font également partie. La Turquie, bien que ses relations avec Israël soient tendues, entretient de bonnes relations avec le Hamas et pourrait jouer un rôle crucial pour convaincre le groupe de céder le pouvoir à Gaza et de se désarmer.
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Boak a été signalé à West Palm Beach, en Floride. Les rédacteurs d’Associated Press Justin Spike à Budapest, en Hongrie, et Rajesh Roy à New Delhi ont contribué à ce rapport.
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