Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude de longue durée menée auprès d’une cohorte de participants a révélé que, malgré des rappels vaccinaux répétés, la réponse immunitaire contre les nouvelles variantes du SARS-CoV-2, notamment Omicron, reste limitée et ne suffit pas toujours à prévenir les infections.
- Les niveaux d’anticorps contre le variant original de Wuhan sont en moyenne trois fois plus élevés que contre Omicron.
- La durée de vie des anticorps contre Omicron est significativement plus courte que celle des anticorps contre le variant de Wuhan.
- Deux tiers des participants à l’étude ont contracté le COVID-19, malgré une vaccination régulière.
Une étude prospective menée sur trois ans auprès de 126 participants initialement exempts de COVID-19 a permis d’évaluer l’évolution de la réponse immunitaire humorale face aux protéines du SARS-CoV-2, en tenant compte des vaccinations et des infections successives. Les chercheurs ont analysé 1 223 échantillons de sérum, mesurant les niveaux d’immunoglobulines G (IgG) spécifiques aux protéines Spike S1 et nucléocapside des variants Wuhan et Omicron, en utilisant des tests immunologiques quantitatifs calibrés en unités internationales.
Les résultats indiquent que les niveaux d’anticorps et leur durée de vie augmentent à chaque dose de vaccin ou après une infection. Cependant, la protection conférée par les anticorps contre Omicron est plus faible et de plus courte durée que celle observée contre le variant de Wuhan. Les IgG ciblant le variant de Wuhan étaient en moyenne trois fois plus concentrées que celles dirigées contre Omicron, et leur demi-vie était plus longue après la deuxième et la troisième vaccination, ainsi qu’après une infection.
L’étude a également mis en évidence que les infections survenues chez les participants vaccinés entraînaient une production d’anticorps anti-nucléocapside significativement plus faible que chez les personnes infectées non vaccinées. Le test quantitatif des IgG de la nucléocapside a permis de détecter 70 % des infections, tandis que le test Euroimmun-N en a détecté 83 %.
Malgré une augmentation progressive des niveaux d’anticorps IgG ciblant la protéine de pointe grâce aux rappels vaccinaux, la majorité des participants ont été infectés par le virus. Cette vulnérabilité accrue aux infections, même chez les personnes vaccinées, est probablement liée à la concentration plus faible et à la demi-vie réduite des anticorps contre le variant Omicron, soulignent les auteurs de l’étude.
Mots-clés : Omicron ; Vaccination contre le SRAS-CoV-2 ; niveaux d’anticorps ; demi-vie des IgG spécifiques ; nucléocapside ; pointe.
