Publié le 17 octobre 2025 à 11h03. Une découverte exceptionnelle dans une carrière d’Oxfordshire révèle l’une des plus longues pistes de pas de dinosaures au monde, offrant un aperçu unique de la vie de ces géants il y a 166 millions d’années.
- Des chercheurs ont mis au jour une piste de pas de plus de 220 mètres de long, témoignant des déplacements d’un dinosaure sauropode.
- L’analyse des empreintes permet de reconstituer la vitesse et le comportement de ces animaux préhistoriques.
- La découverte inclut également des traces de dinosaures carnivores, offrant un aperçu complet de l’écosystème jurassique.
Une carrière de pierre calcaire dans l’Oxfordshire a livré un trésor paléontologique : une piste de pas de dinosaures d’une longueur impressionnante. Cette découverte, révélée par une équipe de scientifiques britanniques, offre une fenêtre inédite sur le monde jurassique et les habitudes de déplacement de ces créatures colossales.
Les empreintes, laissées par un dinosaure sauropode, probablement un Cetiosaurus, mesurent environ un mètre de large. Ces animaux herbivores, atteignant jusqu’à 18 mètres de long, parcouraient les terres qui composent aujourd’hui l’Angleterre, dans un environnement subtropical. L’étude de ces traces permet de déterminer que l’animal se déplaçait à une vitesse d’environ deux mètres par seconde, soit à peu près la vitesse d’une marche rapide humaine.
« Ces empreintes sont incroyablement grandes », explique Emma Nicholls, du Musée d’histoire naturelle de l’Université d’Oxford. « Ce sont les énormes traces d’un dinosaure sauropode ; probablement un Cetiosaurus, un dinosaure que nous savons avoir été présent dans cette région. »
Emma Nicholls, Musée d’histoire naturelle de l’Université d’Oxford
La particularité de ce site réside dans la longueur et la continuité de la piste de pas. Les chercheurs ont également identifié des traces plus petites, laissées par un dinosaure carnivore bipède, le Mégalosaure, qui mesurait jusqu’à 9 mètres de long. La présence de ces deux types de dinosaures offre un aperçu complet de l’écosystème jurassique de la région.
L’analyse des empreintes ne se limite pas à la taille et à la vitesse des animaux. Les scientifiques étudient également la direction des pas, les espacements entre les empreintes et les éventuelles anomalies, comme une empreinte où l’animal semble s’être arrêté un instant, peut-être pour se reposer ou pour observer son environnement.
« Nous pourrions avoir un squelette et dire que la jambe a une certaine longueur, donc sa foulée aurait dû être aussi longue », explique Peter Falkingham, de l’Université John Moores de Liverpool. « Mais avec une piste de traces comme celle-ci, nous avons des centaines de mètres d’animal en train de faire son travail. Il est essentiel d’observer comment les animaux se déplacent librement et naturellement, et les traces sont le seul moyen de le faire dans le cas des dinosaures. »
Peter Falkingham, Université John Moores de Liverpool
La conservation de ces empreintes est un phénomène rare, nécessitant des conditions géologiques spécifiques. Les traces se sont formées dans un sol argileux, puis ont été rapidement recouvertes de sédiments, protégeant ainsi les empreintes de l’érosion. La découverte de ce site exceptionnel permet aux paléontologues de reconstituer un instantané de la vie préhistorique, offrant des informations précieuses sur le comportement, l’environnement et l’évolution des dinosaures.
Les chercheurs espèrent que de nouvelles fouilles permettront de mettre au jour d’autres pistes de pas et de mieux comprendre l’écosystème jurassique de l’Oxfordshire. Cette découverte souligne l’importance de la paléontologie et la nécessité de préserver ces vestiges du passé.
