Publié le 27 octobre 2025 00:54:00. Le président argentin Javier Milei a remporté un succès inattendu aux élections législatives de mi-mandat, consolidant son pouvoir et offrant un répit à son gouvernement confronté à des défis économiques et des scandales de corruption.
- Le parti au pouvoir, La Libertad Avanza (LLA), a obtenu 40,84 % des voix au niveau national.
- Le kirchnérisme, principal parti d’opposition, a recueilli seulement 31,64 % des suffrages.
- La victoire de Milei est d’autant plus significative qu’elle intervient après une défaite dans la province de Buenos Aires en septembre dernier.
Contre toute attente, Javier Milei a confirmé sa popularité lors des élections législatives de mi-mandat, un scrutin crucial pour l’avenir de son gouvernement. Ce résultat marque un tournant après la perte de terrain subie en septembre dernier dans la province de Buenos Aires, un bastion électoral clé. La victoire de LLA permet au parti présidentiel de renouveler la moitié de la Chambre des députés (127 sièges) et un tiers de la Chambre des sénateurs (24 sièges), lui assurant une majorité plus confortable au Parlement.
La province de Buenos Aires, où le parti au pouvoir a triomphé avec son candidat Diego Santilli, a été le théâtre d’une surprise majeure. Il y a seulement 18 jours, Santilli était désigné candidat, et le parti de Milei avait subi une défaite de 12 points dans cette même province lors du scrutin de septembre. Cette remontée spectaculaire témoigne de la capacité de Milei à mobiliser son électorat et à renverser les pronostics.
La victoire de LLA apporte un soulagement au gouvernement Milei, qui était fragilisé par des scandales de corruption et une économie volatile. Le résultat est également perçu comme un signal positif par les États-Unis, dont le président Donald Trump a suivi de près le déroulement des élections. Selon des sources proches de l’administration américaine, Washington pourrait envisager une aide financière à l’Argentine, sous condition du maintien de Milei au pouvoir.
Le discours de Milei
Après 22 heures, le président Milei s’est adressé à ses partisans réunis à l’Hôtel Libertador de Buenos Aires. Il a exprimé sa gratitude envers ses électeurs et a salué l’enthousiasme de son mouvement.
« Nous remercions tous ceux qui ont continué à soutenir les idées de liberté. »
Javier Milei, président de l’Argentine
Le président a qualifié le jour du scrutin de « jour historique » et a évoqué les 10 millions d’Argentins qui ont voté pour son parti. Il a également remercié son chef de cabinet, Guillermo Francos, les ministres de la Sécurité, Patricia Bullrich, et de la Défense, Luis Petri, ainsi que l’ancien président Mauricio Macri.
« Nous unissons nos forces pour vaincre le populisme. »
Javier Milei, président de l’Argentine
Milei a souligné le soutien « historique » des États-Unis à son gouvernement. Il a ensuite affirmé son objectif de « redresser l’Argentine » et a promis un Congrès « le plus réformateur de l’histoire ». Il s’est également déclaré ouvert à des « accords de base » avec les autres partis et les gouverneurs des provinces, invitant ces derniers à discuter de ces accords.
« Aujourd’hui commence la construction de la grande Argentine. »
Javier Milei, président de l’Argentine
En conclusion de son discours, le président a repris une formule popularisée par son allié américain, Donald Trump : « Rendons à l’Argentine sa grandeur. »
Soulagement pour le gouvernement
Ces élections constituaient un test décisif pour le gouvernement argentin, permettant de mesurer l’adhésion de la population à sa politique. Malgré un taux de participation faible – le plus bas depuis le rétablissement de la démocratie en 1983 (moins de 70 %) – la Casa Rosada s’est félicitée des résultats. Karina Milei, sœur du président et secrétaire de la présidence, a exprimé sa satisfaction dès son arrivée à l’Hôtel Libertador.
« Nous sommes très heureux. »
Karina Milei, secrétaire de la présidence
Le kirchnérisme, quant à lui, a mis l’accent sur son engagement envers la province de Buenos Aires. Deux heures avant la publication des résultats officiels, des responsables de Fuerza Patria (FP) affirmaient déjà leur victoire dans cette province, espérant reproduire le succès obtenu en septembre par le gouverneur Axel Kicillof. La faible participation électorale est interprétée comme un échec pour les deux principaux partis, LLA et FP, qui avaient exhorté leurs partisans à se rendre aux urnes.
Les élections ont également été marquées par la mise en place d’un nouveau système de vote, le « scrutin unique », qui regroupe tous les candidats sur un seul bulletin. Si cette nouvelle méthode a permis d’accélérer le dépouillement, elle n’a pas suffi à mobiliser 34 % des électeurs argentins.
Le lendemain
L’une des principales interrogations porte désormais sur la réaction des marchés financiers face à ce nouveau contexte politique. Le ministre de l’Économie, Luis Caputo, a reconnu qu’il ne pouvait garantir la fin de la volatilité, mais l’évolution du taux de change du dollar dans les semaines à venir sera déterminante pour les Argentins. Une dévaluation du peso argentin avant la fin de l’année est également envisagée, ce qui pourrait avoir un impact sur l’inflation, que Milei s’est engagé à réduire.
Le gouvernement Milei devrait également procéder à des changements dans son cabinet, comme l’avait annoncé le président. Le départ des ministres des Affaires étrangères et de la Justice, jeudi dernier, marque le début de ce remaniement. Enfin, Milei devra rechercher un consensus politique au Congrès pour mener à bien ses réformes, et l’ancien président Mauricio Macri pourrait jouer un rôle clé dans cette démarche.
