Un ensemble de forts de colline dans le comté de Wicklow pourrait bien réécrire l’histoire de l’Irlande préhistorique. Une étude récente révèle que le site de Baltinglass abritait la plus grande agglomération nucléée d’Irlande et de Grande-Bretagne à cette époque, et pourrait même s’agir de la première proto-ville de l’île, antérieure de deux millénaires aux premières colonies urbaines vikings.
Situé dans la zone montagneuse du sud-ouest du comté de Wicklow, le « groupe de forts de la colline de Baltinglass » fascine les archéologues depuis longtemps. Ce paysage préhistorique exceptionnellement complexe comprend un « collier » de jusqu’à 13 forts perchés au sommet d’une colline, dont sept forts principaux, ainsi que d’autres enceintes datant du début du Néolithique à la fin de l’âge du bronze (environ 3 700 à 800 avant J.-C.).
L’étude, menée par des chercheurs de l’Université Queen’s de Belfast (QUB), a examiné les données archéologiques existantes et mené de nouvelles fouilles. Les prospections terrestres de la dernière décennie ont révélé 288 sites potentiels de cabanes, tandis que des relevés aériens réalisés en 2017 et 2022 ont identifié plus de 600 anomalies topographiques compatibles avec des habitations préhistoriques.
En combinant ces données, les chercheurs ont localisé 98 empreintes potentielles de rotondes dans l’enceinte intérieure du site, et 509 autres entre les enceintes intérieure et extérieure. Même si toutes ces anomalies ne correspondent pas à des habitations, cela ferait de Baltinglass de loin la plus grande colonie préhistorique nucléée d’Irlande et de Grande-Bretagne. Selon le Dr Dirk Brandherm, auteur principal de l’étude et membre de l’école d’environnement naturel et bâti de QUB, seuls quelques autres sites présentent plus de quelques dizaines d’empreintes de rotondes, et encore, pas toujours clôturées.
L’étude suggère également la présence d’une possible citerne d’eau sur le site, destinée à approvisionner une importante communauté préhistorique. Si cette hypothèse est confirmée, il s’agirait de la première structure de ce type identifiée sur un fort irlandais.
« Ces nouvelles preuves remettent en question les conceptions antérieures de l’organisation des établissements préhistoriques, révélant un niveau de complexité sociale, de cohésion communautaire et d’importance régionale qui n’avait pas été pleinement reconnu auparavant », explique le Dr Brandherm. « Elles enrichissent considérablement nos connaissances sur la façon dont les gens vivaient et s’organisaient, contribuant ainsi à des récits plus larges sur l’établissement humain, les interactions sociales et l’utilisation du paysage. »
Le Dr Brandherm espère que ces découvertes contribueront à la préservation du site, qu’il considère comme un lieu « d’une grande importance patrimoniale nationale et internationale, nous reliant au passé profond de l’île d’Irlande ».
