Publié le 13 décembre 2024 à 05:54:00. L’envoyé spécial de l’administration Trump se rend à Berlin ce week-end pour tenter de relancer les négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine, alors que Washington propose un nouveau plan controversé qui inclut des concessions territoriales de Kiev.
- Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump, rencontrera Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens pour discuter d’un plan de paix.
- Ce plan, qui a suscité des inquiétudes à Kiev et en Europe, prévoit notamment l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne en 2027.
- Les garanties de sécurité pour l’Ukraine sont une condition préalable à toute concession territoriale, selon Kiev et Paris.
La recherche d’une issue diplomatique au conflit russo-ukrainien s’intensifie avec la tournée européenne de Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président américain Donald Trump. L’administration américaine exerce une pression croissante sur Kiev pour qu’elle accepte un accord de paix, un plan qui, selon plusieurs observateurs, favoriserait les intérêts de Moscou.
Ce plan en 28 points, dont les détails complets n’ont pas été rendus publics, a provoqué une onde de choc diplomatique entre les États-Unis et leurs alliés européens. Kiev a récemment transmis à Washington une version actualisée de ses propres propositions de paix, soulignant son attachement à la souveraineté territoriale.
Un responsable de la Maison Blanche a confirmé vendredi à l’Agence France-Presse (AFP) que M. Witkoff rencontrera Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à Berlin ce week-end. Le gouvernement allemand accueillera également des représentants de l’Union européenne et de l’OTAN lundi prochain, juste après la participation de M. Zelensky à un forum économique germano-ukrainien avec le chancelier Friedrich Merz.
L’une des propositions clés du plan américain est l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne dès janvier 2027. Bien que Kiev aspire à une intégration rapide au sein de l’UE – une perspective à laquelle Moscou s’oppose fermement – le processus d’adhésion est complexe et nécessite l’approbation unanime des 27 États membres. Certains pays, notamment la Hongrie, ont déjà exprimé des réserves à ce sujet.
Selon Volodymyr Zelensky, Donald Trump dispose de plusieurs moyens pour convaincre les pays réticents à reconsidérer leur position. Il a déclaré aux journalistes que M. Trump pourrait utiliser « divers leviers d’influence » pour obtenir leur soutien. Cependant, Kiev est consciente des défis liés à la corruption endémique, un obstacle majeur à son adhésion à l’UE.
Parallèlement, les demandes de garanties de sécurité robustes pour l’Ukraine se multiplient. La présidence française a indiqué que Kiev et ses alliés européens réclament des assurances claires avant d’envisager toute concession territoriale. L’ambassadrice d’Ukraine auprès de l’OTAN, Alyona Getmanchuk, a souligné que ces garanties doivent être juridiquement contraignantes et constituer une « condition préalable » à tout accord de paix.
« Des garanties concrètes de sécurité pour l’Ukraine sont une condition préalable à tout accord de paix et doivent être énoncées dans un document juridiquement contraignant. »
Alyona Getmanchuk, ambassadrice d’Ukraine auprès de l’OTAN
Moscou, qui a initialement affiché un certain soutien au plan américain, se montre désormais méfiante face aux modifications potentielles. Iouri Ouchakov, conseiller en politique étrangère du Kremlin, a exprimé ses craintes quant à une détérioration de la situation. Il a souligné que Moscou n’avait pas reçu de version actualisée du plan depuis les discussions avec les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner la semaine dernière.
« Nous avons l’impression que cette version… va s’aggraver. »
Iouri Ouchakov, conseiller en politique étrangère du Kremlin
Selon des sources proches du dossier, Washington souhaiterait que seule l’Ukraine retire ses troupes de certaines parties de la région orientale de Donetsk, où une « zone économique libre » démilitarisée serait établie comme zone tampon. Cependant, un conseiller du président français Emmanuel Macron a affirmé vendredi soir que Kiev « n’envisageait pas » un tel accord.
La Russie, qui dispose d’un avantage numérique significatif en termes d’effectifs et d’armement, a enregistré des progrès sur le champ de bataille ces derniers mois, notamment en novembre, avec sa progression la plus rapide depuis un an.
