Une controverse émerge en Ontario concernant la définition même du recyclage, alors que le gouvernement provincial pourrait autoriser l’incinération de déchets à être comptabilisée comme une forme de valorisation des matériaux. Des groupes environnementaux dénoncent une pression des producteurs pour assouplir les règles et atteindre plus facilement les objectifs fixés.
Selon Emily Alfred, responsable de campagne au Toronto Environmental Alliance (TEA), les producteurs ont exercé des pressions sur le gouvernement ontarien pour obtenir des cibles de recyclage moins ambitieuses, repousser les échéances, et surtout, qualifier l’incinération de « recyclage ». Elle met également en garde contre un assouplissement de l’application de la loi et une réduction des sanctions.
« Les producteurs cherchent à se dédouaner de leurs responsabilités en faisant passer l’incinération pour du recyclage, alors que ce n’est absolument pas la même chose », explique Emily Alfred. « Cela risque de freiner les efforts pour réduire réellement les déchets à la source et encourager une économie circulaire. »
Circular Materials, l’organisme responsable de la gestion des matières recyclables en Ontario, se contente d’indiquer qu’elle mène des projets de recherche pour innover dans le domaine.
La situation est d’autant plus préoccupante que le taux de recyclage en Ontario est en baisse depuis dix ans, atteignant à peine 50 % actuellement. Les municipalités, rappelle Emily Alfred, resteront responsables de la collecte des déchets dans les lieux publics, comme les parcs.
Les défenseurs de l’environnement soulignent que le recyclage, bien qu’important, est en réalité la solution la moins vertueuse parmi les « quatre R » : réduire, réparer, réutiliser et recycler. Ils citent l’exemple de la consigne des bouteilles de bière, qui permet d’économiser de l’énergie en évitant la fabrication de verre neuf.
