Publié le 13 octobre 2023 10:30. Une proposition de loi controversée visant à renforcer la protection de la vie privée, mais perçue comme une menace pour la liberté de la presse, a été rapidement retirée par le parti ITN suite à des critiques virulentes, notamment de la part de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov.
- Le parti ITN a initialement proposé des amendements au Code pénal prévoyant des peines de prison pouvant aller jusqu’à six ans pour la divulgation d’informations personnelles.
- Boïko Borissov a affirmé n’avoir probablement jamais lu de projet de loi de sa vie et a personnellement interpellé Slavi Trifonov, le leader d’ITN, pour obtenir le retrait du texte.
- Slavi Trifonov a défendu l’intention de son parti, soulignant que le projet était encore à l’état de proposition et que la plupart des critiques ne l’avaient pas lu.
La volte-face est survenue après une levée de boucliers générale. Mardi, ITN avait présenté des modifications au Code pénal qui auraient pu incriminer les journalistes et les citoyens divulguant des informations sur la vie privée d’autrui, y compris celle des personnalités politiques. Les sanctions prévues allaient jusqu’à six ans d’emprisonnement, assortis d’amendes allant de 2 000 à 5 000 leva (monnaie bulgare). Le projet a été soumis en première lecture à la commission juridique jeudi, mais a rencontré une opposition ferme de la part du député du GERB, Branimir Balachev, qui a refusé de le soutenir.
L’ancien Premier ministre Boïko Borissov a annoncé publiquement le retrait de la proposition de loi vendredi matin, après un appel téléphonique avec Slavi Trifonov. Il a déclaré avoir convaincu Trifonov de l’inacceptabilité de certains passages, assurant que cette démarche permettrait d’éviter des tensions au sein de la coalition gouvernementale.
Slavi Trifonov a défendu son initiative sur son profil Facebook, insistant sur le fait que le projet de loi ne visait pas à restreindre la liberté d’expression. Il a écrit :
« D’ailleurs, il ressort clairement du texte du projet de loi qu’il s’agit d’un projet et non d’une loi. Pour devenir une loi, il faut une série de procédures et surtout qu’elle soit votée à l’Assemblée nationale. Je suis absolument sûr que 99% des journalistes et des personnalités publiques qui ont commenté cette loi ne l’ont pas du tout lue. Je pense même que Boïko Borissov n’a lu aucun projet de loi de toute sa vie. Mais c’est un autre sujet. »
Trifonov a également souligné l’importance de la liberté individuelle, citant les paroles de Rangel Valchanov, un homme qu’il admirait :
« Personne ne peut être libre s’il ne veut pas être libéré ! »
Slavi Trifonov, leader d’ITN
L’affaire met en lumière les tensions persistantes au sein de la coalition gouvernementale bulgare et les débats sur l’équilibre entre la protection de la vie privée et la liberté de la presse.
