Dr Mohamed Omar Bincof, PhD
Ces dernières années, la politique étrangère de la Somalie manquait de cohérence et de continuité. Cette disjonction a créé un espace pour les voisins et autres États étrangers pour exercer une influence – parfois directement, parfois à travers de minces canaux diplomatiques – sur les affaires internes de la Somalie. L’environnement politique et de sécurité fragile du pays n’a fait qu’aggraver cette vulnérabilité, conduisant à des engagements étrangers fragmentés et à des barres d’arrestation diplomatique.
La Somalie doit adopter de toute urgence une politique étrangère plus stratégique et guidée par des intérêts, dirigés par des professionnels qualifiés avec une forte compréhension des relations internationales et de la diplomatie. Ces experts devraient travailler en étroite collaboration avec les dirigeants élus pour s’assurer que les décisions politiques reflètent à la fois les compétences techniques et les priorités nationales. Une politique étrangère moderne pour la Somalie devrait reposer sur les piliers clés: relations commerciales et économiques, alliances politiques, coopération militaire et échanges culturels. Fondamentalement, les liens diplomatiques doivent être modélisés non pas par des étiquettes historiques d ‘ »ami » ou « ennemi », mais par des évaluations sobres de la pertinence stratégique et du respect mutuel.
D’autres nations fournissent des leçons utiles. Par exemple, l’ancien Premier ministre du Royaume-Uni Boris Johnson a déclaré une fois à la Chambre des municipalités que le Royaume-Uni doit « rester proche de l’Amérique », soulignant l’alignement durable du Royaume-Uni avec les intérêts stratégiques américains. De même, la politique étrangère de la Somalie devrait être enracinée dans des valeurs partagées, l’égalité souveraine et les partenariats pragmatiques, à la fois avec des voisins mondiaux ou régionaux, quelle que soit leur force économique ou militaire relative.
La diplomatie aujourd’hui n’est plus seulement axée sur le pouvoir: elle est basée sur des valeurs, inclusives et multidimensionnelles. Une politique étrangère efficace nécessite des compétences en histoire, géographie, négociation, pacification, droit international et résolution des conflits. Les visites régionales récentes du président Hassan Sheikh Mohamud-Arab Emirates United, Eryrya, Kenya, Türkiye, Djibouti et Egypt-Have ont montré une attention renouvelée à la coopération bilatérale et à la construction de la confiance. Ces voyages rapportent un passage à une diplomatie affirmée mais conciliante, principe mais pragmatique.
Alors que le président a joué un rôle de premier plan dans la revitalisation de l’engagement étranger de la Somalie, le ministère des Affaires étrangères doit servir de moteur institutionnel qui guide cette transformation. Selon le Guide du président, le Corps diplomatique de Somalie doit être amélioré – techniquement compétent, formé par des professionnels et orientés stratégiquement – pour défendre et promouvoir les intérêts du pays sur la phase mondiale.
À la base, la diplomatie concerne la construction de relations durables et la résolution des différends sans recourir au conflit. Confie la collaboration dans les secteurs économiques, culturels et scientifiques. Cependant, les diplomates d’états plus petits ou moins riches sont souvent jugés à tort comme un manque d’influence. Cette perception est trompeuse. La véritable force diplomatique réside dans la clarté de l’objectif, la cohérence de la messagerie et la capacité de créer et de poursuivre des chemins alternatifs lorsque les négociations s’arrêtent. L’influence n’est pas fonction de la taille ou de la richesse: elle découle de la clarté stratégique et de la compétence diplomatique.
Dans un ordre mondial de plus en plus fragmenté et compétitif, la Somalie doit investir dans le développement d’un service diplomatique professionnel qualifié capable de naviguer dans des paysages internationaux complexes. Sans de tels investissements, les tentatives de redéfinir la posture mondiale de la Somalie peuvent échouer, potentiellement approfondir l’isolement du pays ou la traîner dans des conflits géopolitiques inutiles.
Les engagements récents, y compris la réunion entre le président Hassan Sheikh Mohamud et le président égyptien Abdel Fattoh El-Sissi, indiquent l’intention de la Somalie de poursuivre une coopération de sécurité plus profonde. C’est à la fois opportun et nécessaire. Dans une région hantée par l’insistance et l’évolution des alliances, la Somalie est confrontée à un délicat dilemme de sécurité. En tant qu’état de reprise après une instabilité prolongée, il doit poursuivre des partenariats qui renforcent la souveraineté nationale, également confronté à des préoccupations régionales.
Dans la corne de l’Afrique, la décision de sécurité d’un pays peut être facilement perçue par d’autres comme une menace. La Somalie doit entreprendre attentivement cet environnement volatil, soutenant le droit de se défendre tout en restant sensible à la dynamique et aux perceptions régionales.
En fin de compte, la Somalie doit prendre des mesures proactives et délibérées pour établir des relations diplomatiques enracinées dans l’intérêt et le respect mutuel. L’établissement de partenariats solides et équilibrés, tels que ceux qui ont l’Égypte et d’autres acteurs clés – seront essentiels pour protéger les intérêts nationaux de la Somalie dans une arène mondiale turbulente et compétitive.
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Politologue, expert en politiques publiques et partisan du bon gouvernement en Somalie [email protected]