Les encours des prêts immobiliers garantis par l’État ont diminué de 12,3 % au deuxième trimestre 2026, selon une analyse de la Banque de France. Cette baisse intervient alors que les conditions d’accès aux crédits se resserrent, rapporte Le Monde.
La Banque de France a confirmé une baisse de 12,3 % des encours des prêts immobiliers garantis par l’État (PIMG) entre le premier et le deuxième trimestre 2026, portant le total à 423 milliards d’euros. Cette évolution, publiée dans un rapport interne daté du 28 juillet, traduit une réduction des demandes de financement, explique-t-on dans l’institution. « Le resserrement des critères de solvabilité et la hausse des taux d’intérêt ont conduit de nombreux emprunteurs à reporter leurs projets », affirme un responsable de la régulation bancaire.
Trend Analysis
Le recul des PIMG s’inscrit dans une tendance plus large de décrue des crédits immobiliers. Selon les données de Crédit Logement, le volume des prêts neufs a chuté de 18 % en juin 2026 par rapport à mai, marquant le troisième mois consécutif de baisse. Les banques notent une préférence croissante pour les crédits non garantis, qui bénéficient de conditions plus flexibles, tout en restant plus onéreux. « Les emprunteurs privilégient désormais la stabilité de leurs mensualités, même au prix d’un taux légèrement supérieur », explique un analyste de la Société Générale.
Sector Impact
Le secteur de la construction a été particulièrement touché par cette dynamique. Le syndicat des promoteurs immobiliers (SPI) rapporte une baisse de 22 % des autorisations de construire au cours du trimestre. « Les projets de logements neufs sont surtout affectés, car les emprunteurs hésitent à investir dans des biens non achevés », indique un porte-parole du SPI. En parallèle, le marché de l’immobilier d’occasion a connu une stabilisation, avec un volume de transactions en légère hausse de 3 % selon l’Observatoire national de l’immobilier (ONI).
Policy Responses
Le gouvernement a réagi en annonçant une révision des critères d’éligibilité pour les PIMG. Dans un communiqué du 31 juillet, le ministère de l’Économie précise que les emprunteurs à revenus modestes pourront bénéficier d’un taux d’intérêt réduit, sous réserve d’une garantie étendue. « Cette mesure vise à soutenir l’accès au logement tout en préservant la stabilité du système », affirme le ministre. Cependant, les associations de consommateurs estiment que ces mesures restent insuffisantes. « Le seuil de revenu pour accéder aux aides reste trop élevé, et les conditions de garantie restent trop contraignantes », souligne un représentant de la Fédération nationale des associations de consommateurs (FNAC).
Les experts s’attendent à une poursuite de la tendance baissière pour les PIMG, à moins d’une intervention rapide. « Le marché de l’immobilier dépend fortement des taux d’intérêt, qui restent élevés », explique un économiste de l’Institut de la gestion financière. Une étude de l’INSEE prévoit une diminution supplémentaire de 5 à 7 % des encours d’ici la fin de l’année. En revanche, le ministère de l’Économie reste optimiste, soulignant que les mesures de soutien pourraient inverser la courbe d’ici le premier trimestre 2027.
Verbatim Reactions
« Cette mesure vise à soutenir l’accès au logement tout en préservant la stabilité du système. »
Ministère de l’Économie
C'est dans cet esprit que le ministère de l'Économie a élaboré ces nouvelles directives pour stabiliser le marché immobilier et faciliter l'accès au logement.