Bangladesh Turkey Defense liens: Les feux de piste de l’aéroport militaire de Dacca ont brillé légèrement le soir du 21 juillet. Un avion élégant de l’Air Force a taxé avant de décoller dans la nuit. À bord était le maréchal du chef de l’air Hasan Mahmood Khan, l’un des hommes les plus puissants du gouvernement intérimaire du Bangladesh, se dirigeant vers Istanbul, en Turquie.
Ce n’était pas une visite de routine. C’était un signal calme mais révélateur de quelque chose de plus profond entre le Bangladesh et la Turquie. Derrière des portes closes à Dacca, le gouvernement intérimaire dirigé par Mohammed Yunus a commencé à redessiner la feuille de route militaire du pays. Et dans ce plan, la Turquie remplace rapidement la Chine en tant que partenaire incontournable pour les armes, les machines de guerre et la technologie du champ de bataille.
Deux chefs, une ville
Plus tôt ce mois-ci, l’amiral en chef de la marine du Bangladesh, Mohammad Nazmul Hassan, avait également volé de Dhaka. Alors que son itinéraire a officiellement marqué une visite américaine privée, un segment crucial de son voyage l’a placé en Turquie entre le 22 et le 25 juillet. Les têtes de la Marine et de l’Air Force étant à Istanbul au cours de la même semaine n’étaient pas une coïncidence. C’était un spectacle d’intention calibré.
Invitées par la direction militaire turque, ils organisent désormais des réunions qui pourraient redéfinir les liens de défense du Bangladesh. Les discussions seraient centrées sur les accords d’armes, la formation conjointe et la coopération stratégique. L’objectif? Construire une nouvelle colonne vertébrale de défense qui n’est pas chinoise.
Fusils, roquettes et réservoirs
Les premiers signes de cette inclinaison avaient fait surface l’année dernière lorsque le Bangladesh a acquis tranquillement 18 pistolets d’obusier Boran 105 mm de la Turquie MKE Corporation. Ceux qui connaissent les couloirs de défense à Dacca disent que ce n’est que le début. Il existe un plan actif pour mettre à l’échelle ce nombre jusqu’à 200 unités dans les années à venir.
Dans le pipeline se trouvent des systèmes de fusées TRG-230 et TRG-300 fabriqués turcs, qui sont conçus pour une dévastation à grande vitesse et à longue portée. Les réservoirs légers Tulpar d’Otokar sont également sur la liste de souhaits. Si les transactions se déroulent, le Bangladesh gagnera la mobilité du champ de bataille qu’il n’a pas eu auparavant.
Un adieu silencieux en Chine?
La Chine a longtemps été la force dominante dans la fourniture d’armes à Dacca. Mais l’humeur change. Plus tôt ce mois-ci, un voyage officiel du chef de l’armée du Bangladesh, le général Waker-Uz-Zaman à Pékin, a été annulé sans trop d’explications. La visite avait été prévue sous une invitation par l’Armée de libération populaire (PLA). Son retrait silencieux a mis les langues en train de remuer dans le bloc sud et au-delà.
Pendant des décennies, Pékin avait compté le Bangladesh parmi ses partenaires stratégiques fiables en Asie du Sud. Mais les nouveaux signaux de Dhaka suggèrent que la loyauté ne peut plus être garantie.
L’homme derrière le rideau
Les observateurs de Dacca disent que Yunus façonne une nouvelle doctrine de la politique étrangère à travers la porte dérobée de la diplomatie militaire. Ses réunions avec le secrétaire à l’industrie turque de la défense, Haluk Görgün, lors d’une visite silencieuse le 8 juillet, n’étaient pas seulement cérémoniaux.
Görgün a rencontré les trois chefs de service. Mais c’est sa conversation privée avec Yunus, arrangée discrètement par l’aile de renseignement militaire du Bangladesh, qui a haussé les sourcils.
Des sources familières avec la visite indiquent que l’ambiance était chaleureuse. Les intérêts mutuels ont été discutés. Le ton était stratégique, pas transactionnel.
Un lien idéologique plus large
Au centre de cette nouvelle proximité se trouve plus que les armes. Il y a un courant en dessous idéologique qui aligne la vision du monde de Yunus avec celle du président turc Recep Tayyip Erdoğan. Les deux partagent une profonde admiration pour le passé perdu du monde islamique. Erdoğan rêve de raviver l’influence de l’ère du califat. Yunus, quant à lui, fait face à une pression croissante des groupes islamistes dans l’écosystème politique du Bangladesh.
Le passage de l’approche laïque et communiste de la Chine du complexe industriel militaire infusé par la foi de la Turquie est pratique et philosophique.
Quelle est la prochaine étape
Si le Bangladesh continue sur cette voie, il pourrait bientôt signer des accords qui modifient définitivement son alignement de sécurité en Asie du Sud. Les observateurs de la défense indiens suivent déjà cette évolution avec un malaise. La présence de deux chefs militaires à Istanbul, tous deux négociant des accords d’armes simultanément, pourrait bien être le début d’un triangle stratégique entre Dacca, Ankara et Islamabad.
Pour l’instant, l’administration Yunus ne dit pas grand-chose. Mais dans le ciel ci-dessus Istanbul et dans les couloirs des salles de défense turques, un nouveau type de partenariat prend forme – qui peut redessiner les équations régionales bien au-delà de la baie du Bengale.