New Delhi: Le groupe de réflexion sur l’énergie finlandaise a suscité des cercles diplomatiques cette semaine en nommant des noms et en fixant des nombres que l’Inde a longtemps allumés. Depuis le début de la guerre de l’Ukraine, les pays de l’Union européenne (UE) ont contribué 23% des gains d’exportation des combustibles fossiles de la Russie. Et quelle est la part de l’Inde? Seulement 13%. Pourtant, c’est New Delhi qui continue de faire face à la condamnation.
Center for Research on Energy and Clea), basé à Helsinki, a publié ses dernières découvertes cette semaine, attirant l’attention sur ce que les responsables indiens décrivent comme «un double standard flagrant». Les données montrent qu’en dépit de critiquer bruyamment l’Inde pour l’achat de pétrole russe à prix réduit, l’Occident s’est poursuivi, et même s’est élargi, ses propres relations énergétiques avec Moscou.
S’exprimant de manière anonyme, les responsables de New Delhi ont déclaré que les chiffres ne faisaient que valoriser l’accent mis par l’Inde sur la garantie des fournitures énergétiques régulières et abordables de ses citoyens.
Le moment du rapport ne pourrait pas être plus révélateur.
Mercredi 6 août, les États-Unis ont annoncé un doublement des tarifs sur l’aluminium indien à 50%, citant le rôle présumé de l’Inde dans «l’alimentation de la machine de guerre russe». Quelques semaines plus tôt, l’UE a giflé les sanctions d’un raffineur indien privé, Nayara Energy. Mais les conclusions de Crea tournent le focus ailleurs.
Le rapport indique que la Russie a gagné 923 milliards d’euros (92 300 crores de roupies) depuis que son invasion de l’Ukraine a commencé uniquement à partir de combustibles fossiles. 212 milliards d’euros (Rs 21 200 crore) de ceux-ci provenaient des États membres de l’UE. L’Inde a acheté l’énergie russe d’une valeur de 121 milliards d’euros (Rs 12 100 crore) au cours de la même période.
La Chine a dominé la liste avec plus de 200 milliards d’euros (Rs 20 000 crore) en achats.
Plus frappant que qui achète, c’est qui est expédié.
La Crea a constaté que les pétroliers liés aux nations G7 +, qui se sont engagés à restreindre les débits de pétrole russe, transportent maintenant plus de la moitié de tous les bruts russes. Rien qu’en juin 2025, ces pétroliers représentaient 56% des expéditions, contre 36% en janvier. C’est un saut net en six mois.
Ce ne sont pas des opérations de contrebande. L’utilisation de pétroliers appartenant à l’Ouest implique une pleine conformité au plafond dite du prix du pétrole. Mise en œuvre par les États-Unis et l’UE, ce mécanisme permet à l’huile russe de circuler, mais uniquement aux prix fixes. L’idée est de limiter les revenus du Kremlin sans déclencher une nouvelle pointe dans les tarifs mondiaux du brut.
L’Inde a constamment soutenu que ses achats servent cet objectif même. En intervenant en tant qu’acheteur, il a contribué à stabiliser les marchés mondiaux du pétrole, contribuant près de 9% de l’approvisionnement quotidien mondial grâce aux importations russes. Sans cela, affirment les responsables indiens, les prix de l’énergie auraient pu devenir incontrôlables.
Et il y en a plus.
Malgré une augmentation de 8% du volume entre le premier et le deuxième trimestre de 2025, les revenus des combustibles fossiles de la Russie ont encore chuté de 18% en glissement annuel au deuxième trimestre. Cela marque les revenus trimestriels les plus bas depuis le début de l’invasion, souligne le rapport de la CREA.
Pour les décideurs indiens, le rapport apporte une clarté publique à ce qu’ils ont dit en privé depuis des mois. Ils ne sont pas seuls à s’engager avec la Russie. En fait, ils sont loin d’être en haut de la liste.
Ainsi, alors que Washington et Bruxelles augmentent les doigts, les responsables indiens pointent vers les chiffres. Et les chiffres pointent maintenant.
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