Le Sénat nigérian a mis en garde le gouverneur de l’État d’Oyo, Seyi Makinde, contre la tenue de propos susceptibles de nuire aux efforts du gouvernement fédéral et des agences de sécurité pour lutter contre le terrorisme et les enlèvements. Cette mise en garde fait suite à la demande du gouverneur qu’une enquête soit menée par les Nations Unies sur l’enlèvement d’écoliers et d’enseignants dans la zone de gouvernement local d’Oriire.
Une opération de sauvetage complexe et coûteuse
L’incident a débuté le 15 mai 2026, lorsque des terroristes lourdement armés ont frappé trois établissements : la Baptist Nursery and Primary School de Yawota, la L.A. Primary School et la Community Grammar School d’Esiele. Au total, 39 élèves et sept enseignants, dont une directrice, ont été enlevés. Le Sénat a salué les directives du président Bola Tinubu, qui a mobilisé toutes les ressources nécessaires pour obtenir leur libération inconditionnelle.

L’opération de sauvetage a duré plus de 50 jours, s’achevant le 10 juillet 2026. Selon les législateurs, cette mission a permis la libération des victimes et a conduit à l’arrestation de huit terroristes présumés, tandis que plusieurs autres ont été neutralisés.

Cependant, ce dénouement a eu un coût humain important. Trois membres des forces de sécurité ont perdu la vie : le lieutenant F.A. Isaac et le soldat Silas Musa (81e bataillon de l’armée nigériane), ainsi que le sergent Abena John Jerome de la police. Le caporal Adamu Hussain a également été blessé. Parmi les otages, le professeur de mathématiques Michael Oyedokun a été décapité par les terroristes dès le lendemain de l’enlèvement pour dissuader les forces de sécurité.
Témoignages sur la captivité
Rachael Alamu, directrice de la Community High School d’Ahoro-Esinele, a décrit un calvaire de 56 jours. Elle a rapporté que les ravisseurs forçaient les otages à effectuer des marches nocturnes épuisantes de trois à quatre heures dans des forêts denses pour échapper aux forces de sécurité. « Une fois qu’ils croyaient que le lieu avait été découvert, nous commencions à bouger vers 19h ou 20h », a-t-elle précisé, expliquant que ces déplacements étaient la cause des ecchymoses visibles sur les corps des victimes.
Mme Alamu a ajouté que les captifs étaient exposés aux intempéries, sous le soleil et la pluie. Si les trois plus jeunes enfants étaient parfois portés, les élèves plus âgés et les filles du secondaire devaient marcher malgré l’épuisement. L’alimentation, initialement composée de biscuits la première semaine, a rapidement cessé.
Urgence sanitaire et suivi psychologique
Ils alertent sur les risques de troubles de stress post-traumatique, d’anxiété, de dépression et de changements comportementaux chez les enfants. Les parents sont invités à surveiller des signes de traumatisme non verbaux, tels que :

- Des maux de ventre ou des maux de tête fréquents.
- Des cauchemars.
- Une augmentation des crises de colère ou de l’agressivité.
- Une régression comportementale (par exemple, recommencer à mouiller son lit).
Réactions politiques et recommandations du Sénat
Alors que le gouverneur Makinde soutient qu’une enquête internationale renforcerait la confiance du public et l’imputabilité, le Sénat, via une motion sponsorisée par le leader Opeyemi Bamidele, a insisté sur la nécessité de ne pas saper les efforts nationaux.
En conclusion de ses délibérations, la chambre haute a demandé au gouvernement fédéral :
- D’assurer le paiement rapide des indemnités de décès, des assurances et des pensions pour les familles des agents tombés.
- D’améliorer la formation, l’équipement et le bien-être des forces de sécurité.
- D’intensifier les opérations de renseignement et militaires contre les bandits et terroristes grâce à des technologies de surveillance avancées.
- De poursuivre les efforts pour libérer les autres Nigérians toujours détenus en captivité à travers le pays.
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