Publié le 27 septembre 2025. Alors que le gouvernement irlandais étudie une baisse de la TVA pour le secteur de la restauration, des voix s’élèvent pour dénoncer une mesure potentiellement inefficace, voire contre-productive, au moment où les grandes chaînes de restauration rapide américaines convoitent le marché irlandais.
- Une réduction de la TVA pour le secteur de la restauration est à l’étude, passant de 13,5 % à 9 %.
- Le patron de Ryanair, Michael O’Leary, critique vivement cette mesure, la qualifiant de « supercherie » et appelant à la fin de l’augmentation du salaire minimum.
- Des entreprises comme Supermac et McDonald’s affichent des bénéfices importants, soulevant des questions sur la nécessité d’une aide fiscale supplémentaire.
La question d’une baisse de la TVA pour le secteur de la restauration en Irlande suscite un débat animé. Le gouvernement envisage de réduire le taux de 13,5 % à 9 % afin de soutenir les entreprises, confrontées à des coûts croissants et à une concurrence accrue. Cependant, cette proposition est loin de faire l’unanimité.
Michael O’Leary, le directeur général de Ryanair, s’est exprimé avec virulence contre cette mesure, la qualifiant de « supercherie ». Il estime que l’argent ne sera pas répercuté sur les consommateurs et que le gouvernement devrait plutôt se concentrer sur le contrôle des coûts salariaux.
« Le gouvernement ne devrait en aucun cas réduire la TVA sur l’hôtellerie, comme les restaurants ou quoi que ce soit d’autre, de 13 % à 9 %. Ils vont gaspiller l’argent. Cela ne se traduira pas par une baisse des prix pour les consommateurs. »
Michael O’Leary, directeur général de Ryanair
Il a même lancé un appel direct au Premier ministre Simon Harris pour qu’il prenne des décisions plus fermes.
« Simon Harris a rebondi lors des dernières élections. Il devrait faire preuve de courage et dire à l’industrie hôtelière ce qu’elle a à faire. »
Michael O’Leary, directeur général de Ryanair
Du côté des restaurateurs, Adrian Cummins, directeur général de la Restaurants Association of Ireland, insiste sur les difficultés rencontrées par ses membres.
« Notre industrie est en difficulté en termes de marges et essaie de rester à flot. »
Adrian Cummins, directeur général de la Restaurants Association of Ireland
Les chiffres récents le confirment : Supermac, dirigé par Pat McDonagh, a enregistré un bénéfice avant impôts de 43,6 millions d’euros en 2023, pour un chiffre d’affaires de 294,3 millions d’euros. McDonald’s, de son côté, a affiché un bénéfice avant impôts de 42 millions d’euros en 2024, pour un chiffre d’affaires de 84,4 millions d’euros. Même les franchisés, comme les restaurants Persans d’Amir Afsar, réalisent des bénéfices substantiels, avec 4,7 millions d’euros en 2024 pour un chiffre d’affaires de 52,7 millions d’euros.
Parallèlement, l’Irlande attire de plus en plus l’attention des grandes chaînes de restauration rapide américaines, qui envisagent de s’implanter via des franchises. Taco Bell, Wendy’s, Popeye’s et Wingstop font partie des enseignes qui ont déjà ouvert ou prévoient d’ouvrir des points de vente dans le pays.
La réduction de la TVA pourrait coûter à l’État irlandais 868 millions d’euros par an en recettes fiscales perdues, ou 675 millions d’euros si elle ne s’applique qu’aux secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Cette proposition intervient dans un contexte économique mondial incertain, où le gouvernement est de plus en plus conscient de sa dépendance aux impôts des multinationales.
Le Conseil national de la compétitivité et de la productivité a suggéré que des mesures ciblées pour le secteur de la restauration seraient plus efficaces qu’une baisse généralisée de la TVA.