Publié le 26 septembre 2025. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a confirmé que le projet de budget qu’il présentera ne prévoit pas le rétablissement de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), tout en annonçant une révision des dépenses publiques et une lutte accrue contre la fraude fiscale.
- Le gouvernement exclut formellement le retour de l’ISF.
- Le projet de budget inclura des augmentations et des diminutions d’impôts, sans pour autant s’agir d’un budget d’austérité.
- Une réduction de 6 milliards d’euros des dépenses de l’État est envisagée.
Sébastien Lecornu a clairement indiqué que le rétablissement de l’ISF ne figure pas à l’ordre du jour. Dans un entretien accordé au Parisien, il a souligné que le gouvernement « n’envisage pas » cette mesure, tout en précisant que le projet de budget comprendra des ajustements fiscaux, avec certaines taxes augmentées et d’autres diminuées.
L’ISF, supprimé en 2017, avait été remplacé par l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Concernant la proposition de taxe dite « Zucman », visant à imposer les très hauts patrimoines, le Premier ministre a exprimé ses réserves, estimant qu’elle ne constitue pas une « seule réponse » à la question de la justice fiscale.
« Si les Français expriment un besoin de justice fiscale, les contribuables, quelle que soit leur contribution, veulent s’assurer du bon usage de leurs impôts. On peut en appeler à leur patriotisme d’autant plus facilement que l’on chassera la mauvaise dépense publique. »
Sébastien Lecornu, Premier ministre
Cette position a suscité une réaction immédiate de Gabriel Zucman, qui a critiqué le gouvernement sur X (anciennement Twitter), en s’interrogeant sur la cohérence de vouloir plus de justice fiscale tout en refusant d’imposer un minimum aux milliardaires, qu’il juge particulièrement prospères en France.
Sébastien Lecornu a également tenu à rassurer quant à l’orientation générale du budget. « Il est hors de question de préparer un budget d’austérité et de régression sociale », a-t-il affirmé, précisant qu’il repartait sur une « feuille blanche » après avoir consulté les partenaires sociaux et politiques. Il prévoit un déficit d’environ 4,7 % (contre 4,6 % initialement prévu), en raison de sa décision de ne pas supprimer deux jours fériés sans compensation financière pour les salariés. Il assure que cet objectif reste compatible avec l’objectif de réduction du déficit à 3 % en 2029.
Le gouvernement ambitionne de réduire de 6 milliards d’euros le « train de vie » de l’État, qui doit « donner l’exemple ». Il prévoit également une « meilleure maîtrise des dépenses sociales et des collectivités territoriales », ainsi qu’un « projet de loi ambitieux de lutte contre les fraudes sociales et fiscales » qui sera présenté simultanément avec les projets de budget.
Enfin, le Premier ministre a indiqué qu’il examinerait les modalités de l’Aide Médicale d’État (AME), une mesure régulièrement remise en question par la droite et l’extrême droite, mais défendue par la gauche. Il a en revanche écarté l’idée d’un moratoire sur les énergies renouvelables.