La relation entre les États-Unis et la Colombie est entrée en crise après la révocation du visa du président colombien Gustavo Petro, suite à ses appels à la désobéissance civile envers l’armée américaine. Cet incident, survenu en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, marque une nouvelle escalade des tensions entre les deux pays.
Le Département d’État américain a justifié sa décision en dénonçant les propos « imprudents et incendiaires » de M. Petro. Lors d’une manifestation contre la guerre à Gaza vendredi, le président colombien avait lancé un appel direct aux soldats américains : « Je demande à tous les soldats de l’armée des États-Unis, ne pointez pas vos fusils contre l’humanité » et « désobéissez aux ordres de Trump ». Sur les réseaux sociaux, le Département d’État a affirmé que M. Petro avait « incité à la violence » en encourageant la désobéissance.
Gustavo Petro, de retour en Colombie samedi conformément à un décret de délégation de pouvoirs daté du 18 septembre, a réagi sur X (anciennement Twitter) en affirmant que le droit international lui conférait une immunité pour se rendre à l’ONU et que son opinion ne devait pas être sanctionnée. Il a également souligné qu’il possédait la nationalité européenne, ce qui le dispensait de visa pour les États-Unis, ajoutant qu’il ne craignait pas de « punition ».
Cet incident s’inscrit dans un contexte de relations déjà tendues. M. Petro, premier président de gauche de la Colombie, a notamment critiqué le siège de Gaza par Israël, le qualifiant de « génocide », après la rupture des liens diplomatiques entre la Colombie et Israël l’année dernière suite à la guerre Israël-Hamas. Il avait également, lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies mardi, demandé l’ouverture d’une enquête criminelle à l’encontre de Donald Trump et d’autres responsables américains impliqués dans des opérations militaires meurtrières en mer des Caraïbes, présentées par la Maison Blanche comme des actions contre le trafic de drogue.
Par ailleurs, les États-Unis ont récemment reproché à la Colombie son manque de coopération dans la lutte contre le narcotrafic, une critique qui a frustré M. Petro. Il a souligné que son pays avait déjà perdu des vies – policiers, soldats et civils – en tentant d’empêcher l’acheminement de cocaïne vers les États-Unis. Plus tôt cette année, une crise diplomatique avait éclaté suite à l’opposition de M. Petro aux vols de déportation effectués par des avions militaires américains, menaçant de représailles commerciales de la part de l’administration Trump. La Colombie, partenaire commercial majeur des États-Unis, avait finalement cédé.