Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi le recours en référé-liberté de Xenia Fedorova, une chroniqueuse russe pro-Kremlin visée par un arrêté d’expulsion et un gel de ses avoirs. Elle ne reviendra en France que si ces mesures sont suspendues ou annulées, selon son avocat.
Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi son recours en référé-liberté, jugeant qu’elle n’avait pas démontré une « extrême urgence » nécessitant une intervention immédiate.
Rejet du recours en référé-liberté
Le tribunal a souligné que Xenia Fedorova, actuellement à l’étranger, n’avait « aucun besoin de sortir du territoire parisien » et n’avait « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police ». Son avocat, Emmanuel Piwnica, a indiqué qu’elle « entendait contester cette décision », précisant qu’elle ne reviendrait en France qu’« lorsque l’arrêté d’expulsion aura été suspendu ou annulé ».
Les arguments de l’avocate
Emmanuelle Haziza, avocate au Barreau de Lyon, a expliqué que le recours en référé-liberté est une procédure d’urgence permettant au juge d’intervenir en 48 heures en cas d’atteinte grave à une liberté fondamentale. « L’extrême urgence est le critère le plus important », a-t-elle souligné. Cependant, le tribunal a jugé que les arguments de Xenia Fedorova ne remplissaient pas cet critère.
« Le gel de ses avoirs rend sa rémunération très difficile, voire impossible », a ajouté l’avocate. « Elle pourrait théoriquement continuer à travailler pour des médias français depuis l’étranger, mais le gel des fonds empêche les médias de lui verser des rémunérations. »
Les prochaines étapes juridiques
Le tribunal a indiqué que Xenia Fedorova pouvait saisir le juge des référés-suspension, une procédure moins exigeante que le référé-liberté. « Cette procédure suppose de démontrer une situation d’urgence, mais pas une « extrême urgence » », a précisé le tribunal. Son avocat a confirmé qu’elle envisageait « toute action utile à la défense de ses intérêts ».

Le gel des avoirs, valide pendant six mois, reste en vigueur jusqu’à une décision finale. « Le non-respect des obligations de pointage ou d’autres prescriptions expose à des poursuites pénales et peut entraîner des mesures plus coercitives, notamment le placement en rétention administrative », a averti Emmanuelle Haziza.
Contexte politique et médiatique
Xenia Fedorova, ancienne directrice de Russia Today France, intervient régulièrement dans des médias liés à Vincent Bolloré, comme CNews ou le JDNews. Elle est accusée d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » et de « déstabiliser l’ordre public ».
Le RN (Rassemblement National) a commenté cette affaire, soulignant l’équilibre fragile entre liberté d’expression et sécurité nationale. « Le parti joue les équilibristes », a noté l’opinion.fr, évoquant les tensions entre les positions anti-russes et le soutien à des figures médiatiques.
Les prochaines étapes juridiques de Xenia Fedorova pourraient avoir des répercussions sur son activité médiatique et ses collaborations avec des chaînes françaises. Le sort de son expulsion dépendra des décisions du juge dans les prochaines semaines.