Publié le 27 septembre 2023. Pékin a vivement critiqué des déclarations récentes d’un ancien Premier ministre japonais sur le statut de Taïwan, réaffirmant sa position selon laquelle l’île est une partie inaliénable de la Chine et appelant Tokyo à la prudence.
- La Chine a demandé au Japon de cesser tout contact officiel avec Taïwan.
- Les critiques chinoises font suite à des propos de Taro Aso, qui a qualifié Taïwan de pays partageant des valeurs communes avec le Japon.
- Pékin rappelle que la question de Taïwan est au cœur des relations sino-japonaises et de la souveraineté chinoise.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé sa forte opposition aux déclarations de Taro Aso, ancien Premier ministre japonais et conseiller du Parti libéral-démocrate (PLD). M. Aso avait affirmé, lors d’une rencontre le 25 septembre avec le président du Yuan législatif taïwanais, que « Taïwan est un pays qui partage des valeurs fondamentales avec le Japon ». Un porte-parole du ministère, Guo Jiakun, a dénoncé ces propos comme une violation du principe de la « Chine unique » et des accords bilatéraux entre Pékin et Tokyo.
« Ce n’est pas la première fois que certains politiciens japonais font des provocations sur la question de Taïwan. Ce comportement constitue une grave violation du principe de la Chine et des principes directeurs des quatre documents politiques entre la Chine et le Japon, et est une ingérence flagrante dans les affaires internes de la Chine. »
Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
Guo Jiakun a souligné que le véritable statu quo dans le détroit de Taïwan est qu’il n’existe qu’une seule Chine, et que Taïwan en fait partie intégrante. Il a rappelé que les déclarations de Potsdam et la Déclaration du Caire, adoptées à la fin de la Seconde Guerre mondiale, prévoyaient la restitution à la Chine de tous les territoires que le Japon avait occupés, y compris Taïwan et les îles Penghu. Il a insisté sur le fait que Taïwan a toujours été une province chinoise et que sa question est fondamentale pour la Chine.
Cette année, marquée par le 80e anniversaire de la victoire de la Chine dans la guerre de résistance contre l’agression japonaise et de la restauration de Taïwan, Pékin estime que le Japon a une responsabilité historique particulière sur cette question. La Chine a donc exhorté Tokyo à agir avec prudence et à respecter les principes des quatre documents politiques qui régissent les relations bilatérales.
« Le Japon assume des responsabilités historiques envers le peuple chinois sur la question de Taiwan, et devrait agir d’autant plus prudemment. »
Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
Le porte-parole a conclu en avertissant le Japon de ne pas « faire de provocation ou de dépassement dangereux » sur la question de Taïwan, et de ne pas sous-estimer la détermination de la Chine à défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale.