Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

Quand la Chine veut remplacer les États-Unis

Publié le 28 septembre 2025 11h00. Alors que Pékin affiche son ambition de jouer un rôle prépondérant sur la scène internationale, le gouvernement chinois se présente comme un défenseur des valeurs de l’ONU, une posture qui suscite l’interrogation…

Quand la Chine veut remplacer les États-Unis

Publié le 28 septembre 2025 11h00. Alors que Pékin affiche son ambition de jouer un rôle prépondérant sur la scène internationale, le gouvernement chinois se présente comme un défenseur des valeurs de l’ONU, une posture qui suscite l’interrogation au regard de ses actions et de ses pratiques commerciales.

  • La Chine soutient activement la Russie, contribuant à la prolongation du conflit en Ukraine.
  • Des violations des droits de l’homme en Chine, notamment au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong, contredisent les principes fondamentaux de l’ONU.
  • Les pratiques commerciales de la Chine, caractérisées par un protectionnisme marqué, remettent en question son engagement envers un commerce équitable.

L’affirmation du Premier ministre chinois, faite devant l’Assemblée générale de l’ONU, selon laquelle son pays défendrait les valeurs de l’organisation, a surpris de nombreux observateurs. Cette déclaration intervient dans un contexte de repositionnement géopolitique, marqué par le recul de l’influence américaine et la volonté de la Chine de combler le vide laissé par Washington.

Le soutien chinois à la Russie est un élément central de cette analyse. Si Pékin a clairement exprimé son opposition à l’utilisation d’armes nucléaires par Moscou dans le cadre du conflit ukrainien, ses achats massifs d’hydrocarbures russes, ainsi que sa coopération scientifique, militaire et commerciale avec la Russie, permettent à cette dernière de poursuivre ses opérations. En conséquence, la Chine est perçue par certains comme un acteur contribuant à l’escalade plutôt qu’à la résolution du conflit.

La prétention de la Chine à défendre les valeurs de l’ONU est également mise à mal par son bilan en matière de droits de l’homme. Les violations constatées au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong, notamment la répression des minorités ethniques et la restriction des libertés fondamentales, sont en contradiction flagrante avec les principes de l’organisation. Bien que d’autres pays soient également critiqués pour leurs pratiques, la position de la Chine, qui se présente comme un modèle de développement et de gouvernance, rend cette contradiction particulièrement criante.

Sur le plan économique, la Chine est accusée de ne pas favoriser un commerce équitable. Elle maintient des barrières à l’importation dans de nombreux secteurs et rend difficile l’accès à son marché pour certains produits étrangers, protégeant ainsi ses propres industries. Malgré sa position de première économie mondiale en termes de parité de pouvoir d’achat (PPA) et son intégration progressive dans les puissances économiques moyennes en termes de PIB par habitant, la Chine continue de se présenter comme un pays en développement afin de bénéficier de traitements de faveur au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Cette stratégie de communication et de positionnement s’explique, selon les analystes, par le contexte géopolitique actuel. Le retrait des États-Unis de certains engagements internationaux sous l’administration Trump, les réductions drastiques de l’aide internationale américaine et l’absence d’une stratégie internationale claire de la part de Washington ont créé un vide que la Chine tente de combler. Pékin ambitionne de constituer un bloc d’influence autour d’elle, et il serait illusoire de croire que ses objectifs se limitent à la simple préservation de l’ordre international tel qu’il existait avant l’ère Trump.

Néanmoins, la Chine a déjà pris une place de leader dans plusieurs domaines. Elle est le premier dépositaire de brevets au monde, dépassant largement les États-Unis, et fabrique un tiers des biens de consommation à l’échelle mondiale. Elle est également un acteur majeur dans le domaine des énergies vertes. Les dirigeants chinois mettent en avant leur volonté d’établir des partenariats « gagnant-gagnant » avec les autres pays, une formule qui, selon certains observateurs, masque une réalité où la Chine en retire toujours le plus grand bénéfice.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.