Wall Street a clôturé la semaine sur une note positive vendredi, malgré des pertes hebdomadaires globales, alors que les investisseurs digéraient les derniers chiffres de l’inflation. L’attention se tourne désormais vers une semaine chargée en données économiques et en publications de résultats d’entreprises, qui pourrait accentuer la volatilité des marchés.
Le S&P 500 et le NASDAQ, à forte composante technologique, ont mis fin à une série de trois semaines de gains, reculant respectivement de 0,3 % et 0,7 %. L’indice des 30 valeurs du Dow Jones a cédé 0,2 % sur la semaine, tandis que les actions à petite capitalisation ont enregistré un repli plus marqué de 0,6 %.
La semaine prochaine sera riche en événements susceptibles d’influencer les marchés. Les investisseurs évalueront attentivement les perspectives de l’économie américaine, l’évolution de l’inflation, les décisions de la Réserve fédérale concernant les taux d’intérêt et les résultats des entreprises, le tout dans un contexte de tensions commerciales persistantes.
Le point d’orgue de la semaine sera sans aucun doute le rapport mensuel sur l’emploi américain, publié vendredi. Les économistes prévoient la création de 39 000 postes et un taux de chômage stable à 4,3 %. Les indices PMI manufacturier et des services de l’ISM seront également scrutés de près pour obtenir des indications sur la santé de l’économie.
Plusieurs responsables de la Fed prendront également la parole, notamment Chris Waller, Raphael Bostic, John Williams et Alberto Musalem. Les marchés anticipent actuellement deux baisses de taux d’intérêt lors des prochaines réunions de la banque centrale, conformément aux prévisions de celle-ci.
Bien que la saison des résultats soit presque achevée, quelques entreprises notables publieront leurs chiffres la semaine prochaine. Parmi elles, Nike (NKE) sera particulièrement surveillée.
Tesla : une opportunité d’achat ?
Les analystes mettent en avant Tesla (TSLA) comme une action à surveiller de près. Le titre a clôturé vendredi à 440,40 $, dépassant ses moyennes mobiles de 50 jours (351,96 $) et de 200 jours (334,47 $). Une résistance à court terme est attendue à 442,36 $, avec des niveaux de support entre 436,17 $ et 433,90 $.
Le catalyseur principal est le prochain rapport de Tesla sur les livraisons et la production de véhicules électriques du troisième trimestre, prévu jeudi matin. Les analystes de FactSet prévoient environ 448 000 véhicules livrés, soit une augmentation de 17 % par rapport au deuxième trimestre, mais une baisse de 3 % par rapport à l’année précédente. Cependant, le marché de prédiction Kalshi anticipe un chiffre record de 505 000 unités.
Cette perspective optimiste est alimentée par l’anticipation d’une forte demande avant l’expiration du crédit d’impôt de 7 500 $ pour les véhicules électriques, prévue le 30 septembre. Tesla produit actuellement les modèles 3, Y, X et S, ainsi que le semi-cybertruck.
Au-delà des chiffres de livraison, les avancées de Tesla dans le domaine de la conduite autonome pourraient également soutenir le cours de l’action. Le PDG, Elon Musk, a annoncé le lancement d’une version « Early Wide » de la conduite entièrement autonome (FSD) cette semaine et a laissé entendre que les robotaxis de Tesla pourraient fonctionner sans surveillance humaine d’ici la fin de l’année.
Selon les modèles quantitatifs d’InvestingPro, la santé financière de Tesla est solide, avec un score global d’investissement de 2,67 (« bon »), soutenu par de forts flux de trésorerie et une rentabilité élevée.
Nike : un titre à vendre ?
À l’inverse, Nike est considéré comme un titre à vendre cette semaine, en raison de plusieurs facteurs défavorables avant la publication de ses résultats du premier trimestre fiscal. Le géant de l’équipement sportif publiera ses chiffres mardi après la clôture des marchés (16 h 15, heure de l’Est) et les attentes sont sombres.
Malgré la forte notoriété de sa marque, Nike a rencontré des difficultés ces derniers trimestres, en raison de l’évolution des préférences des consommateurs, de la concurrence accrue et des problèmes de chaîne d’approvisionnement.
Le sentiment des analystes est résolument baissier, avec 11 révisions à la baisse au cours des dernières semaines, contre seulement quatre ajustements à la hausse. La volatilité implicite suggère une fluctuation potentielle de +/- 6,6 % du cours de l’action après la publication des résultats.
Les analystes prévoient une baisse de 61 % du bénéfice par action ajusté, à 0,27 $. Les revenus devraient également diminuer d’environ 5 %, à environ 11 milliards de dollars, reflétant un ralentissement de la croissance en Amérique du Nord et en Chine, deux des principaux marchés de Nike.
Si ces prévisions se confirment, ce serait le sixième trimestre consécutif de baisse des revenus pour l’entreprise, en raison de la concurrence croissante de marques émergentes comme Hoka (propriété de Deckers Outdoor Corporation) et On. Les difficultés de Nike sont également exacerbées par des facteurs macroéconomiques, tels que l’augmentation des droits de douane, qui pourraient peser sur ses marges.
Les investisseurs attendent des preuves concrètes d’un redressement réussi sous la direction du nouveau PDG, Elliott Hill. En l’absence de signes de reprise de la rentabilité et de la croissance, le rapport sur les résultats de Nike risque de confirmer la faiblesse actuelle de l’entreprise.
Vendredi, l’action Nike (NKE) a clôturé à 69,31 $, presque exactement sur sa moyenne mobile et en dessous de sa moyenne mobile sur 50 jours, ce qui témoigne de l’incertitude du marché. L’analyse technique recommande une « vente forte » sur les horizons quotidien et hebdomadaire, reflétant une perte de momentum.
InvestingPro attribue à Nike un score de santé financière de 2,2 sur 5,0, étiqueté « juste », en raison des inquiétudes croissantes concernant la détérioration des marges bénéficiaires, la croissance des ventes inégale et un ratio d’endettement élevé.