Zurich a dit adieu au rugissement des moteurs à essence dans ses rues et jardins. Après un vote populaire serré, les souffleurs de feuilles fonctionnant à l’essence sont désormais interdits dans la ville, marquant la fin d’une ère pour cet outil controversé.
Dimanche dernier, 61,7 % des électeurs zurichois se sont prononcés en faveur de l’interdiction des souffleurs de feuilles à essence. Si les modèles électriques restent autorisés, leur utilisation sera limitée aux mois d’octobre, novembre et décembre. Cette décision met fin à plus de vingt ans de débat passionné au sein de la ville.
L’histoire du souffleur de feuilles, inventé par l’entreprise allemande Echo vers 1970, a toujours été marquée par la controverse. Dès les années 1970, la ville californienne de Carmel-by-the-Sea avait déjà interdit son utilisation. Aujourd’hui, l’état de Californie dans son ensemble, ainsi que des centaines de communes à travers le pays, ont suivi cet exemple.
En Allemagne, le ministère fédéral de l’Environnement encourage également à limiter l’utilisation des souffleurs de feuilles à essence, les réservant aux situations où leur emploi est absolument indispensable. La science a également pointé du doigt les effets néfastes de ces appareils : une étude américaine a révélé qu’un souffleur de feuilles à essence pouvait générer plus de pollution atmosphérique qu’un pick-up performant.
L’interdiction à Zurich s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations environnementales et sanitaires. Les opposants aux souffleurs de feuilles soulignent qu’ils détruisent les habitats des petites créatures, perturbent la faune locale et dispersent des particules fines, des virus, des bactéries et des spores de moisissure potentiellement nocives pour la santé.
L’actrice Cate Blanchett a même qualifié le souffleur de feuilles de « métaphore de tout ce qui ne va pas avec l’humanité en tant qu’espèce », appelant à son éradication : « Ils doivent être éradiqués. »
Le débat zurichois a été particulièrement vif. En 2005, la parlementaire SVP de l’époque, Ruth Anhorn, avait déjà noté que « l’utilisation des souffleurs à deux temps semblait à la mode », suscitant des réactions passionnées. Les Verts ont mené la charge pour l’interdiction, arguant que les souffleurs de feuilles détruisaient les habitats naturels et mettaient en danger la santé publique.
Les opposants à l’interdiction ont tenté de minimiser l’impact sonore des appareils, comparant même un aspirateur à batterie à un sèche-cheveux bruyant lors d’une interview télévisée. Cependant, l’émission a démontré que le sèche-cheveux en question était particulièrement puissant.
À l’avenir, seuls les souffleurs de feuilles électriques seront autorisés à Zurich, avec quelques exceptions prévues pour des événements spéciaux tels que la Street Parade ou le Sechseläuten. L’ère du souffleur de feuilles à essence est donc révolue, laissant place à une nouvelle approche plus respectueuse de l’environnement.