Les contrôles aux frontières européennes vont être renforcés à partir du 12 octobre, avec la mise en place progressive du système d’entrée/sortie (EES). Cette nouvelle réglementation, qui concerne principalement les voyageurs venant de pays hors de l’Union européenne et de l’espace Schengen, pourrait entraîner des perturbations, notamment sur la liaison France-Royaume-Uni.
Le système EES vise à moderniser et à sécuriser les frontières extérieures de l’UE/Schengen. Il ne s’appliquera pas aux déplacements entre les pays membres de ces zones, comme entre la France et l’Espagne. Les voyageurs concernés, en particulier les touristes et ceux effectuant de courts séjours, devront fournir des données biométriques (empreintes digitales, photo du visage) et répondre à un questionnaire.
L’introduction de l’EES a été reportée à plusieurs reprises en raison de craintes liées à la préparation des pays et au risque de chaos aux frontières, avec des files d’attente potentiellement très longues. C’est pourquoi l’Union européenne a opté pour un déploiement échelonné sur six mois, permettant aux différents ports et points de passage de se préparer progressivement.
Eurostar : un déploiement en deux phases
Sur Eurostar, le système sera mis en place en deux temps. Dès le 12 octobre, les passagers de première classe et les membres du programme de fidélité Carte Blanche seront invités à s’enregistrer volontairement. « Si vous êtes un voyageur fréquent, il vaut probablement la peine de dire oui et de faire l’enregistrement alors qu’il est encore relativement calme », suggère l’opérateur. Le déploiement complet à tous les passagers interviendra le 12 janvier, et l’enregistrement deviendra alors obligatoire.
Eurotunnel : 80 millions d’euros investis
Eurotunnel a investi 80 millions d’euros dans de nouvelles infrastructures pour l’EES. La première phase, débutant le 12 octobre, concernera les autocars et le fret. L’extension à tous les autres passagers est prévue en novembre ou décembre, une date précise restant à confirmer par les autorités françaises. L’opérateur affirme que ses terminaux de Folkestone et Coquelles pourront traiter jusqu’à 550 véhicules par heure, soit environ 1 500 passagers. Le PDG d’Eurotunnel, Yann Leriche, a déclaré : « Quiconque n’est pas prêt n’est pas parce que c’était impossible ou un énorme défi… Ils disent simplement qu’ils n’ont pas fait du bon travail. »
Le port de Douvres particulièrement surveillé
Le port de Douvres, point de passage majeur entre la France et le Royaume-Uni, est particulièrement scruté. À partir du 12 octobre, les voyageurs en autocar devront emprunter une zone de traitement spécifique, avec enregistrement aux kiosques EES, contrôle des passeports dans une nouvelle salle, puis retour sur l’autocar, qui sera scellé avant de rejoindre le terminal de ferry. L’enregistrement sera étendu à tous les passagers le 1er novembre, avec 72 kiosques d’auto-enregistrement à disposition. Le port de Douvres a déjà connu des difficultés importantes depuis le Brexit, et l’introduction de l’EES pourrait accentuer les problèmes de congestion, surtout pendant les périodes de pointe.
Calais et autres ports : une situation plus sereine
Le port de Calais, qui a mieux géré les conséquences du Brexit, ne devrait pas rencontrer de difficultés majeures avec l’EES. Les autres ports de la Manche, comme Newhaven-Dieppe et Saint Malo-Poole, devraient également commencer les contrôles le 12 octobre, mais il reste à déterminer si cela s’appliquera à tous les passagers dès le départ.
Aéroports : déploiement progressif
Dans les aéroports, l’EES sera introduit progressivement à partir du 12 octobre, en commençant par certains aéroports du pays avant de couvrir l’ensemble du territoire dans les six mois suivants. Le ministère français de l’Intérieur n’a pas encore communiqué la liste des aéroports concernés par la première phase.
En cas de files d’attente excessives, les opérateurs de transport auront la possibilité de suspendre temporairement les contrôles pendant la période d’introduction de six mois.