L’aide économique américaine à l’Argentine, d’un montant de 20 milliards de dollars (environ 18,5 milliards d’euros), suscite une vive controverse aux États-Unis, notamment parmi les agriculteurs américains. Cette décision intervient alors que Pékin se détourne du soja américain au profit de l’Argentine et du Brésil, fragilisant les revenus des producteurs américains.
La stratégie économique du président Trump, axée sur les droits de douane pour rééquilibrer la balance commerciale, est remise en question par cette aide à Buenos Aires. L’Association américaine des producteurs de soja a exprimé sa « frustration écrasante », soulignant le paradoxe d’un soutien financier à l’Argentine alors que les agriculteurs américains peinent à vendre leur récolte.
« Le prix du soja est en baisse, la récolte avance et les agriculteurs apprennent qu’aucun accord commercial avec la Chine n’est en vue, et pourtant les États-Unis accordent une aide économique de 20 milliards de dollars à l’Argentine en seulement deux jours », a déclaré l’organisation.
Le sénateur républicain Chuck Grassley, de l’État du Nebraska, a également fait part de son incompréhension sur le réseau social X : « Pourquoi les États-Unis sauvent-ils l’Argentine alors que le plus grand marché du soja américain est en péril ? » En 2024, les États-Unis ont exporté pour 12,6 milliards de dollars (environ 11,7 milliards d’euros) de soja vers la Chine. Or, l’aide de 20 milliards de dollars à l’Argentine pourrait renforcer les exportations de soja de ce pays vers le marché chinois.
Des échanges de messages internes au gouvernement Trump, révélés par l’agence Associated Press, témoignent d’un débat interne. Le secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins, aurait envoyé un SMS au secrétaire au Trésor, Scott, exprimant son inquiétude : « J’ai plus d’informations, mais c’est très regrettable. Nous avons sauvé l’Argentine hier, et les prix argentins et les Argentins se vendaient normalement à la Chine. »
Les démocrates au Sénat ont dénoncé cette aide, la qualifiant de manœuvre politique visant à soutenir le président argentin Javier Milei à l’approche des élections d’octobre. Le sénateur Jack Reed, de l’État de Rhode Island, a accusé l’administration Trump de favoriser des intérêts financiers particuliers et de nuire aux agriculteurs américains. Il a appelé à reconsidérer cette aide et à privilégier le soutien aux familles américaines et à la compétitivité agricole.
Le secrétaire au Trésor, Scott, a justifié cette aide en la présentant comme un « pont vers les élections » en Argentine, où des sénateurs et des députés seront élus en octobre, des scrutins cruciaux pour l’avenir de la politique économique de Milei. Le président Milei a d’ailleurs salué l’approche de Trump lors d’un discours à l’ONU, déclarant : « Vous devez faire ce qui est nécessaire, même si beaucoup n’aiment pas. »
Par ailleurs, l’administration américaine suit de près les élections municipales à New York, où Zorhan Mamdani, un candidat démocrate socialiste, est en lice. Le secrétaire au Trésor a prédit une crise financière à New York si Mamdani était élu, mais a précisé qu’il n’y aurait pas d’aide fédérale pour la ville, contrairement à l’Argentine. Il a ironiquement paraphrasé une déclaration de l’ancien président Gerald Ford en 1975, qui avait refusé d’aider New York en pleine crise.
Une rencontre entre Javier Milei et Donald Trump est prévue le 14 octobre à la Maison Blanche, confirmant l’amitié entre les deux dirigeants.
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