Home MondeL’histoire du négationnisme des pensionnats au Canada | OHdio

L’histoire du négationnisme des pensionnats au Canada | OHdio

by Clara Dubois

Une ancienne députée conservatrice de la Colombie-Britannique, Dallas Brodie, a annoncé la sortie prochaine d’un documentaire controversé remettant en question les sévices subis par les Autochtones dans les pensionnats. Cette initiative s’inscrit dans une recrudescence de discours négationnistes au Canada, qui cherchent à minimiser l’impact tragique de ces institutions.

L’annonce de Brodie, exclue du Parti conservateur en raison de ses positions, suscite l’inquiétude quant à la propagation de thèses niant les abus et accusant certaines Premières Nations de détournement de fonds publics. Selon elle, le documentaire apporterait une nouvelle perspective sur cette histoire douloureuse.

Jérôme Melançon, professeur titulaire de philosophie à l’Université de Regina en Saskatchewan, explique que ce phénomène de négationnisme n’est pas nouveau au Canada. Il remonte aux années 1960 et 1970, une période où l’on a commencé à éviter d’aborder ouvertement l’objectif d’assimilation des pensionnats.

« Il y avait un désir de présenter une image plus flatteuse du Canada », explique M. Melançon. « On a cherché à masquer la réalité des pensionnats et à minimiser leur impact destructeur sur les cultures autochtones. »

Le professeur souligne également que le Canada s’est opposé à la reconnaissance du génocide culturel commis dans les pensionnats lors de la Convention des Nations unies. Il a notamment résisté à l’idée que l’assimilation forcée puisse être considérée comme une forme de génocide.

« Les pensionnats pour Autochtones devraient être reconnus comme un génocide », insiste Jérôme Melançon. « L’assimilation forcée, la suppression des langues et des cultures, et les abus physiques et psychologiques commis dans ces institutions constituent des éléments constitutifs d’un génocide culturel. »

Ce documentaire et les discours qui l’accompagnent interviennent à un moment où le Canada est confronté à la nécessité de faire face à son passé colonial et de réconcilier ses relations avec les peuples autochtones. La question de la reconnaissance du génocide culturel reste un enjeu central dans ce processus.

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