Publié le 26 septembre 2024. L’affaire Anglo Irish Bank, qui a ébranlé le système financier irlandais en 2008, continue de susciter des interrogations plus de 17 ans après la garantie bancaire accordée par l’État. Une enquête disciplinaire concernant le cabinet d’audit EY, lancée en 2009, reste en suspens, malgré des conclusions accablantes.
- Une enquête disciplinaire contre le cabinet EY, concernant ses audits de la banque Anglo Irish, est toujours en cours après plus de 15 ans.
- Un rapport de 2011 pointait du doigt des lacunes dans les audits d’EY, notamment concernant les prêts accordés à l’ancien président Sean Fitzpatrick et la manipulation des dépôts.
- L’organisme de comptabilité irlandais (CAI) a provisionné 1,5 million d’euros (environ 1 580 000 USD) pour cette affaire, mais reste silencieux sur les raisons du retard.
L’écho du krach bancaire irlandais de 2008 résonne encore aujourd’hui. En septembre 2008, le gouvernement irlandais avait garanti l’ensemble du système bancaire pour éviter son effondrement, une mesure drastique qui a marqué un tournant dans l’histoire économique du pays. La Banque anglo-irlandaise (Irish Bank Resolution Corporation, ou IBRC), symbole de la crise, a été liquidée, mais les conséquences de ses agissements continuent de se faire sentir.
Au cœur des controverses, le cabinet d’audit EY (anciennement Ernst & Young) est visé par une enquête de l’organisme de comptabilité irlandais (CAI), anciennement connu sous le nom de Carb. Cette enquête, initiée en 2009, porte sur les audits réalisés par EY pour Anglo Irish Bank. Un rapport externe, rédigé en 2011 par l’ancien contrôleur et vérificateur général John Purcell, avait révélé des éléments troublants. Selon ce rapport, il existait des motifs sérieux de croire qu’EY avait manqué à ses obligations professionnelles.
Le rapport de Purcell soulignait notamment que EY n’avait pas détecté l’ampleur des prêts accordés à Sean Fitzpatrick, alors président d’Anglo Irish Bank, qui avaient été dissimulés à la fin de la période comptable. Il pointait également l’incapacité d’EY à identifier des flux de fonds suspects entre les activités irlandaises et britanniques de la banque, des opérations qui avaient artificiellement gonflé la base de dépôts. EY a toujours contesté les conclusions du rapport et a échoué en 2011 à obtenir l’annulation de l’enquête disciplinaire devant la Haute Cour.
L’enquête a été mise en suspens en 2011, le directeur des poursuites publiques souhaitant ne pas interférer avec les éventuels procès pénaux en cours. Or, le dernier de ces procès a été clos il y a plus de sept ans. Parallèlement, une action civile intentée par les liquidateurs d’IBRC contre EY pour des manquements présumés dans ses audits s’est achevée début 2023. Le CAI a également mené des procédures disciplinaires contre d’anciens dirigeants d’Anglo Irish Bank, dont Sean Fitzpatrick et David Drumm, l’ancien directeur général.
Malgré ces développements, l’issue de l’enquête disciplinaire concernant EY reste incertaine. Le CAI se refuse à tout commentaire sur les raisons du retard. Son rapport annuel pour 2024 mentionne simplement une provision de 1,5 million d’euros (environ 1 580 000 USD) pour les affaires de préoccupation publique en cours, dont celle impliquant Anglo Irish Bank. La question demeure : cette affaire sera-t-elle un jour close ?
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