Publié le 4 octobre 2025 à 09:43. Lors d’un séjour dans un ryokan traditionnel japonais, on remarque souvent un espace particulier près des fenêtres, agrémenté de tables et de sièges. Ces alcôves, appelées « hiroen », ne sont pas le fruit du hasard, mais d’une politique touristique mise en place après la Seconde Guerre mondiale.
- Les « hiroen » sont des espaces conçus pour accueillir les touristes étrangers habitués aux pièces de style occidental.
- Leur standardisation est liée à la loi de 1949 sur le développement des hôtels touristiques internationaux.
- Bien que les réglementations spécifiques aient évolué, le système d’enregistrement des hôtels et ryokans respectant certaines normes demeure en vigueur.
Ces espaces, que l’on retrouve dans de nombreux établissements d’hébergement traditionnels, sont bien plus qu’un simple coin détente. Ils témoignent d’une volonté politique de moderniser l’accueil touristique au Japon après les destructions de la guerre et la période d’occupation.
Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon s’est fixé pour priorité la reconstruction et sa réintégration dans la communauté internationale. Le tourisme a été identifié comme un levier essentiel de cette stratégie, et des mesures spécifiques ont été prises pour attirer les visiteurs étrangers. C’est dans ce contexte qu’est intervenue la loi internationale sur le développement de l’hôtel touristique, promulguée en 1949.
Cette loi visait à fournir un hébergement adapté aux touristes étrangers et au personnel diplomatique, alors que de nombreux hôtels avaient été réquisitionnés par les forces d’occupation. Il était donc impératif d’augmenter le nombre d’établissements répondant à des normes précises.
La situation de l’hôtellerie japonaise à cette époque est décrite avec précision dans un ouvrage de référence :
« Comme nous le savons tous, nos hôtels ont été forcés de subir une dévastation considérable pendant la guerre, et la plupart des excellents hôtels après la guerre ont été pris en charge, et non seulement il y avait peu d’hôtels ouverts, mais il n’y avait presque pas d’hôtels ouverts gratuits, en particulier dans les principales zones touristiques et touristiques. »
Kunii Fujitoshi, auteur de « l’explication des lois et réglementations pour les hôtels et les auberges » (Toyo Hoki Publishing, 1953)
La loi de 1949 a encouragé la reconstruction en offrant des allégements fiscaux aux établissements respectant les normes établies.
Un amendement de 1952 a précisé les exigences en matière d’aménagement des hébergements, en demandant aux ryokans d’intégrer des « larges connexions » – des espaces ouverts avec des chaises et des tables. L’objectif était de répondre aux attentes des touristes étrangers, habitués aux pièces de style occidental.
Selon « l’explication des lois et réglementations pour les hôtels et les auberges », ces espaces devaient mesurer en général 4 shaku (environ 1,21 mètre) de largeur et 9 shaku (environ 2,73 mètres) de longueur.
En d’autres termes, il s’agissait d’adapter l’offre touristique japonaise aux habitudes de vie des visiteurs étrangers.
Contactée par Lawyer.com News, l’agence du tourisme a confirmé qu’il n’existe plus de disposition légale concernant les « larges connexions » dans la législation actuelle.
Néanmoins, le système d’enregistrement des hôtels et ryokans respectant certaines normes est toujours en vigueur, conformément à la loi sur le développement des hôtels touristiques internationaux. Le site officiel de l’agence du tourisme précise que cette loi vise à « promouvoir la fourniture d’informations sur les hôtels enregistrés aux clients étrangers ».
Les hôtels doivent disposer d’un nombre standard de chambres et d’une cuisine capable de servir des petits-déjeuners occidentaux, tandis que les ryokans doivent proposer un nombre standard de chambres et des salles de bain communes. Au 1er janvier 2025, 938 hôtels et 1 364 ryokans étaient enregistrés.
Des mesures supplémentaires sont également exigées pour faciliter le séjour des touristes étrangers, telles que la présence de panneaux en plusieurs langues et l’accès à Internet.
Si les réglementations spécifiques concernant les « hiroen » ont disparu, ces espaces restent un élément caractéristique de nombreux ryokans. Un moment de calme à la fenêtre, une tasse de thé à la main : un vestige silencieux qui témoigne de l’histoire du Japon et de sa politique touristique, encore aujourd’hui.
Cet article est basé sur l’information et le droit à la date de publication.