Home Technologie et scienceDe nombreuses femmes touchées par des cycles menstruels sont réticents à la partager: Japan Company Survey

De nombreuses femmes touchées par des cycles menstruels sont réticents à la partager: Japan Company Survey

by Thomas Caron

Publié le 4 octobre 2025 à 10h01. Une enquête récente révèle que les difficultés liées aux règles sont un tabou pour de nombreuses femmes, qui hésitent à en parler même lorsque les symptômes impactent significativement leur vie quotidienne et leur performance.

  • Près de 60 % des femmes interrogées déclarent que leurs menstruations et le syndrome prémenstruel (SPM) interfèrent avec leur vie.
  • Les symptômes sévères peuvent entraîner une baisse de la performance au travail ou à l’école de près de 50 %.
  • La réticence à parler de ces problèmes est largement due à la crainte de ne pas être comprise.

Les règles, un sujet encore trop souvent entouré de silence et de tabous au Japon. Une étude menée par la société pharmaceutique Tsumura & Co. met en lumière les difficultés que rencontrent de nombreuses femmes à évoquer leurs problèmes menstruels, même lorsque ceux-ci sont particulièrement invalidants. L’enquête, réalisée en mai auprès de 3 000 personnes – 1 500 femmes et 1 500 hommes âgés de 20 à 60 ans à travers le Japon – révèle un malaise profond et un manque de compréhension généralisé.

Selon les résultats, 5,8 % des femmes interrogées souffrent de symptômes si intenses qu’elles sont incapables de se lever et doivent rester alitées. Pour celles qui subissent des interférences dans leur vie quotidienne, l’impact sur leur productivité est considérable : une baisse moyenne de 51,8 % de leur performance habituelle au travail, à l’école ou dans leurs tâches ménagères. Ces chiffres confirment l’importance économique et sociale de la santé féminine.

La principale raison de ce silence est la peur de ne pas être comprise. Plus de la moitié des femmes (51,8 %) qui ont du mal à parler de leurs symptômes craignent que les autres ne les prennent au sérieux ou ne comprennent l’intensité de leur souffrance. Viennent ensuite la crainte d’inquiéter leur entourage (43,0 %), la difficulté à exprimer précisément leurs sensations (42,8 %) et le sentiment qu’elles doivent simplement “endurer” (31,6 %).

Les problèmes de santé féminins sont de plus en plus reconnus comme une préoccupation nationale au Japon. Une estimation du ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie, publiée en 2024, évalue les pertes économiques liées aux menstruations et au SPM à 570 milliards de yens par an (environ 3,85 milliards de dollars), en tenant compte de l’absentéisme et de la baisse de productivité.

L’obstétricienne-gynécologue Kanako Inaba, directrice de la clinique Inaba à Shibuya, à Tokyo, souligne la grande variabilité des symptômes menstruels d’une femme à l’autre. Elle explique que les causes spécifiques et les facteurs de risque ne sont pas encore entièrement élucidés, ce qui peut entraîner un manque d’empathie, même entre femmes.

« La menstruation n’est pas une fatalité à supporter en silence ou à endurer avec stoïcisme. »

Kanako Inaba, obstétricienne-gynécologue et directrice de la clinique Inaba

Elle encourage les femmes à explorer les différentes options de traitement disponibles pour soulager leurs symptômes et appelle à une évolution des mentalités. Pour favoriser une culture de compréhension et de soutien, elle préconise des formations en entreprise et à l’école, ainsi que la mise en place de dispositifs permettant aux personnes souffrant de troubles menstruels de bénéficier d’aménagements.

(Article original en japonais par Atsuko OTA, Digital News Group)

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