Publié le 6 octobre 2025 à 03h02. Huit jeunes âgés de 12 à 15 ans ont été interpellés par la police suite à des incidents violents survenus à Oslo et Sarpsborg, soulevant des questions sur la montée de la criminalité juvénile et l’efficacité des réponses pénales.
- La police norvégienne a arrêté huit adolescents suite à des attaques à la grenade à Oslo et des tirs à Sarpsborg.
- Les experts s’interrogent sur l’opportunité de durcir les peines pour les jeunes délinquants, privilégiant plutôt la réhabilitation.
- La Suède envisage de baisser l’âge de la responsabilité pénale, une mesure controversée qui suscite des inquiétudes quant à une spirale répressive.
Les interpellations, qui concernent des jeunes de 12 à 15 ans, interviennent dans un contexte de préoccupations croissantes concernant l’implication de mineurs dans des activités criminelles, notamment liées à des réseaux suédois. Selon la police, ces actes pourraient être liés à des commandes de violence diffusées sur les réseaux sociaux, orchestrées par le réseau criminel suédois Foxtrot.
Ces événements relancent le débat en Norvège sur la nécessité d’adopter des mesures plus strictes pour lutter contre la criminalité, notamment en matière de sanctions pénales. Certains, comme Listhaug, estiment que la Norvège connaît des conditions similaires à celles de la Suède, et plaident pour une baisse de l’âge de la responsabilité pénale et un renforcement des peines.
Cependant, cette approche est contestée par des criminologues tels que Jerzy Sarnecki, qui mettent en avant l’importance de la réhabilitation plutôt que de la punition pour les jeunes délinquants.
« Il est erroné de penser que nous devons punir ces jeunes. Ils sont tout simplement trop immatures pour être punis. »
Jerzy Sarnecki, criminologue
Sarnecki, l’un des criminologues les plus expérimentés de Suède, souligne que les jeunes impliqués dans la criminalité sont souvent motivés par des facteurs tels que le besoin d’argent et le désir de statut social, et que la peur de la punition est rarement un frein suffisant. Il explique :
« Le problème est que les enfants de 12 ans qui commettent le crime sont le groupe le plus difficile à traiter. Ils pensent qu’ils sont immortels et beaucoup plus intelligents que tout le monde. »
Jerzy Sarnecki, criminologue
Il insiste sur le fait que les sanctions plus sévères ont peu d’impact sur ces jeunes, et que l’accent doit être mis sur la prévention et la réinsertion.
Sven Granath, autre criminologue suédois, met en avant deux axes d’action essentiels pour lutter contre la criminalité des gangs : l’amélioration des taux d’élucidation des affaires et la saisie d’un plus grand nombre d’armes. Il souligne que la résolution des crimes est cruciale pour éviter les représailles et empêcher les mêmes individus de continuer à commettre des délits.
« S’ils s’enfuient, cela va vraiment dégénérer. Les organisations criminelles peuvent trouver de nouveaux adolescents, mais peu de jeunes peuvent être recrutés pour le crime le plus grave. »
Sven Granath, criminologue
Granath met également en évidence le rôle des nouvelles technologies dans la facilitation des activités criminelles, notamment grâce à l’utilisation de plateformes numériques pour le transfert d’argent et la coordination des opérations. Il fait référence à l’infrastructure numérique qui permet aux gangs d’opérer plus facilement.
Enfin, il met en garde contre le risque d’une spirale répressive, à l’image de ce qui se passe en Suède, où l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale est en cours de discussion.
Sarnecki conclut en soulignant que la recherche montre que les sanctions plus sévères ne sont pas une solution efficace et que l’amélioration des compétences de la police et la prévention sont des priorités.
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