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Le déclin de Francisco Gilabert, l’arbitre controversé du football chilien

by Camille Renault

Mis à jour le 6 octobre 2025 à 14h02. L’arbitre international chilien Francisco Gilabert est de nouveau au centre d’une controverse, cette fois pour une décision litigieuse dans un match de deuxième division, ravivant les soupçons sur d’éventuels conflits d’intérêts liés à ses liens familiaux avec un club de première division.

  • Gilabert a annulé un but validé initialement lors d’un match crucial pour la promotion en première division chilienne.
  • Des liens familiaux de l’arbitre avec l’agence d’un dirigeant de Coquimbo Unido suscitent des interrogations sur son impartialité.
  • En 2021, Gilabert avait déjà été accusé d’avoir reçu des instructions pour favoriser une équipe, avant d’être blanchi par les instances disciplinaires.

La performance de Francisco Gilabert, arbitre FIFA, continue de diviser le football chilien. Dimanche dernier, lors de la rencontre entre Melipilla et Linares, deux clubs de deuxième division professionnelle en lice pour la seule place disponible en promotion, Gilabert a pris une décision qui a provoqué l’indignation. En 64e minute, l’attaquant de Linares, Cristián Duma, a marqué, donnant l’avantage à son équipe et la rapprochant du leader du classement.

Cependant, après une longue délibération avec ses assistants, Gilabert a annulé le but, invoquant une faute présumée survenue avant l’action. Cette décision, prise sans l’aide de la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) – absente dans cette catégorie – et sans retransmission télévisée en raison de “problèmes techniques” selon le diffuseur, a immédiatement suscité la colère du staff de Linares.

« C’est malheureux. Je ne comprends pas ce qui est arrivé à Gilabert. On se demande si la dépendance des arbitres à la VAR n’est pas excessive, peut-être qu’en première division, ils peuvent se tromper davantage. »

Rodrigo “Kalule” Meléndez, entraîneur de Linares

L’affaire prend une dimension supplémentaire compte tenu des liens familiaux de Gilabert. En 2023, son frère, Pablo Gilabert, a rejoint l’agence Future Global, dirigée par Sergio Morales, ancien dirigeant et contrôleur de Coquimbo Unido. Bien que Morales se soit officiellement retiré de la gestion du club, son fils, Pablo, occupe actuellement le poste de directeur général.

Selon une analyse, depuis l’arrivée de son frère dans l’agence, Coquimbo Unido a disputé neuf matchs (en première division et en Copa Chile) avec un bilan favorable de six victoires, deux matchs nuls et une seule défaite. Cette coïncidence a déjà soulevé des inquiétudes au sein de Limache, qui avait exprimé son “inconfort” à Roberto Tobar, alors chef de l’arbitrage, concernant les potentielles irrégularités impliquant Francisco Gilabert. Tobar avait lui-même été sanctionné dans l’affaire du “club de poker”.

Bien que le règlement actuel n’interdise pas aux arbitres de diriger des matchs de clubs où leurs proches travaillent, cette situation alimente les critiques. Contactés par Bío-Bío, les frères Gilabert ont refusé de faire des déclarations publiques.

Ce n’est pas la première fois que Gilabert est impliqué dans une controverse. En 2021, lors du match de promotion entre Huachipato et Deportes Copiapó, il avait accordé un penalty controversé en faveur de Huachipato en fin de match, scellant le sort de Copiapó. Des enregistrements audio divulgués en avril 2022 par Radio ADN ont révélé que Gilabert avait admis avoir reçu des “ordres de Santiago” pour siffler ce penalty, malgré ses doutes initiaux.

« On m’a appelé de Santiago et on m’a dit que je devais siffler le penalty. J’ai cédé à la pression. »

Francisco Gilabert, dans des propos rapportés par Radio ADN

La VAR, supervisée par Cristián Droguett, avait confirmé l’existence de cet appel externe, déclenchant un débat houleux impliquant la direction de l’ANFP (Association Nationale de Football Professionnel) et des figures telles que Javier Castrilli, alors chef de l’arbitrage. Le tribunal disciplinaire de l’ANFP avait finalement blanchi Gilabert, concluant que le scandale était une “manœuvre” visant à déstabiliser l’arbitrage national.

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