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La deuxième semaine de la « fermeture » commence aux États-Unis sans accord à la vue

Publié le 6 octobre 2025 à 21h45. La paralysie budgétaire aux États-Unis s'enlise, entrant dans sa deuxième semaine sans perspective de résolution, tandis que la Maison Blanche menace de licencier des fonctionnaires face à l'intransigeance de l'opposition démocrate.…

La deuxième semaine de la « fermeture » commence aux États-Unis sans accord à la vue

Publié le 6 octobre 2025 à 21h45. La paralysie budgétaire aux États-Unis s’enlise, entrant dans sa deuxième semaine sans perspective de résolution, tandis que la Maison Blanche menace de licencier des fonctionnaires face à l’intransigeance de l’opposition démocrate.

  • Le blocage budgétaire affecte environ deux millions de fonctionnaires fédéraux, dont certains pourraient être licenciés si la situation persiste.
  • Les républicains et les démocrates s’accusent mutuellement et restent campés sur leurs positions concernant le financement des programmes sociaux.
  • L’administration Trump est accusée d’adopter une stratégie de « souffrance maximale » en gelant les fonds fédéraux pour les États démocrates.

La crise budgétaire américaine s’est envenimée lundi, sans signe d’apaisement à l’horizon. La fermeture partielle des services gouvernementaux, débutée mercredi dernier, plonge le pays dans une situation de paralysie politique aux conséquences potentiellement importantes. Alors que le président Donald Trump a affirmé dimanche soir que des licenciements avaient commencé, sa porte-parole a précisé qu’il s’agissait initialement de suspensions techniques temporaires, habituelles en cas de « fermeture » pour manque de financement.

Cependant, elle a averti que des licenciements plus conséquents pourraient suivre si l’impasse budgétaire se prolongeait. « Malheureusement, si cette ‘fermeture’ continue, les licenciements seront une conséquence malheureuse », a-t-elle déclaré.

Les employés fédéraux sont les premières victimes de cette crise. Outre les suspensions, environ deux millions de fonctionnaires se retrouvent privés de salaire jusqu’à ce que le Congrès parvienne à un accord sur un budget. Selon Andrew Koneschusky, un ancien collaborateur du chef démocrate Chuck Schumer, il est « très possible que cette fermeture dure plusieurs semaines, voire plus ».

Pour l’instant, les deux camps restent fermement retranchés. « Les choses peuvent toujours changer, mais pour le moment, personne ne semble disposé à céder », a souligné ce spécialiste en communication de crise auprès de l’AFP.

Les républicains proposent une prolongation du budget actuel jusqu’à la fin novembre, tandis que les démocrates insistent pour une augmentation du financement des programmes d’assurance maladie destinés aux populations les plus défavorisées.

L’économiste Michael Strain, de l’American Conservative Enterprise Institute, estime qu’une fermeture prolongée est « inconcevable », notamment en raison de l’impact potentiel sur le personnel militaire, dont le statut occupe une place particulière dans l’opinion publique américaine. Il anticipe une forte pression politique sur les législateurs si les salaires des militaires étaient compromis.

Les voyageurs pourraient également être affectés par des perturbations dans les aéroports, en raison d’un manque d’agents de sécurité des transports ou de contrôleurs aériens, entraînant des retards et des annulations de vols.

La fermeture actuelle, qui dure depuis six jours, reste loin du record établi entre décembre 2018 et janvier 2019, lorsque Donald Trump avait dû faire face à une « fermeture » de 35 jours durant son premier mandat.

Certains observateurs estiment que le président républicain met en œuvre une stratégie de « souffrance maximale » envers l’opposition, notamment en gelant les fonds fédéraux pour les États dirigés par les démocrates.

Selon James Druckman, professeur de sciences politiques à l’Université de Rochester, l’intransigeance de Trump pourrait conduire à la plus longue fermeture de l’histoire. « L’administration Trump pense avoir un mandat illimité et, par conséquent, n’est généralement pas ouverte aux compromis », a-t-il expliqué à l’AFP.

Les démocrates, de leur côté, ont été critiqués pour leur manque de fermeté face au président. En mars dernier, dix sénateurs démocrates avaient voté contre leur gré en faveur d’un projet de loi républicain, ce qui avait suscité de vives critiques au sein de leur propre camp.

Cette concession « n’a pas produit de résultats positifs pour les démocrates », a souligné Druckman. C’est pourquoi, cette fois-ci, « ils sont plus enclins à rester fermes ».

Les républicains espèrent néanmoins convaincre suffisamment de sénateurs démocrates pour atteindre le seuil de 60 voix sur 100, nécessaire pour surmonter le blocage au Sénat. Jusqu’à vendredi, leur projet de loi n’avait obtenu que 54 soutiens, dont trois de l’opposition. Un nouveau vote est prévu lundi après-midi, mais aucun progrès n’est attendu.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.