Publié le 8 octobre 2025 à 16h33. Trois scientifiques, un Japonais, un Britannique et un Jordanien, ont été récompensés par le prix Nobel de chimie pour leurs travaux révolutionnaires sur les structures métallo-organiques (MOF), des matériaux poreux aux applications potentielles considérables, allant de la capture du CO₂ à la production d’eau dans les environnements arides.
- Susumu Kitagawa, Richard Robson et Omar M. Yagi ont reçu le prix Nobel de chimie 2025.
- Leur recherche porte sur les structures métallo-organiques (MOF), des matériaux poreux aux multiples applications.
- Le Japon remporte son 31e prix Nobel, dont deux cette année seulement.
Le Comité Nobel de l’Académie royale des sciences de Suède a annoncé ce mardi 8 octobre que le professeur Susumu Kitagawa (74 ans, Japon), de l’Université de Kyoto, le professeur Richard Robson (88 ans, Royaume-Uni), de l’Université de Melbourne, et le professeur Omar M. Yagi (60 ans, Jordanie), de l’Université de Californie à Berkeley, se verront attribuer le prestigieux prix pour leur contribution à la conception et à la compréhension des MOF.
Ces structures, comparables à des éponges moléculaires, sont constituées d’ions métalliques agissant comme des piliers, reliés par des molécules organiques formant des murs et des couloirs. Cette architecture crée un vaste réseau d’espaces vides capables d’absorber et de stocker des gaz et des liquides. Selon le professeur Sang-Hoon Joo, de l’Université nationale de Séoul, « la surface d’un seul gramme de MOF équivaut à la taille d’un terrain de football », soulignant ainsi leur potentiel exceptionnel.
Les applications potentielles des MOF sont vastes. Le Comité Nobel a souligné leur capacité à capturer le dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre majeur, mais aussi à absorber d’autres gaz nocifs et même à extraire l’humidité de l’air dans les régions désertiques.
L’histoire des MOF a débuté en 1989 avec les expériences du professeur Robson, qui a observé la formation de cristaux dotés de nombreux pores lors de la combinaison d’ions de cuivre et de molécules organiques. Bien qu’il ait immédiatement perçu le potentiel de cette découverte, la structure cristalline s’avérait instable et fragile.
Les travaux de Kitagawa et de Yagi, menés respectivement entre 1992 et 2003, ont permis de surmonter cet obstacle en améliorant la durabilité des MOF, assurant ainsi la pérennité de ces espaces vides. La convergence de leurs recherches a finalement abouti à la création des MOF que nous connaissons aujourd’hui.
« Les MOF offrent un potentiel énorme et une opportunité sans précédent de créer des matériaux dotés de fonctions personnalisées. »
Heiner Linke, président du comité de sélection du prix Nobel de chimie
Le prix Nobel de chimie s’accompagne d’une somme de 11 millions de couronnes suédoises (environ 1,65 milliard de wons), qui sera partagée équitablement entre les trois lauréats. Le Comité Nobel annoncera les lauréats du prix de littérature le 9 octobre, du prix de la paix le 10 octobre et du prix d’économie le 13 octobre.
Avec ce prix, le Japon compte désormais 31 prix Nobel à son actif (30 attribués à des individus et un à une organisation), dont deux cette année seulement, après l’attribution du prix Nobel de physique au professeur Shimon Sakaguchi le 6 octobre.
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