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L’administration Trump s’est-elle simplement rangée du côté du Canada dans un différend relatif à un traité ? – Institut CD Howe

Publié le 26 octobre 2023. L'administration Trump a surprondu en défendant publiquement un traité international avec le Canada concernant un oléoduc crucial, une volte-face qui pourrait influencer les futures négociations commerciales entre les deux pays. L'administration Trump a…

L’administration Trump s’est-elle simplement rangée du côté du Canada dans un différend relatif à un traité ? – Institut CD Howe

Publié le 26 octobre 2023. L’administration Trump a surprondu en défendant publiquement un traité international avec le Canada concernant un oléoduc crucial, une volte-face qui pourrait influencer les futures négociations commerciales entre les deux pays.

  • L’administration Trump a reconnu la validité du Traité canado-américain sur les pipelines de 1977 dans un litige concernant l’oléoduc 5 d’Enbridge.
  • Cette intervention juridique inattendue pourrait avoir des répercussions sur les prochaines négociations de renouvellement de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).
  • Le différend porte sur la tentative du Michigan de révoquer une servitude accordée à Enbridge pour l’oléoduc qui traverse le détroit de Mackinac.

Dans un revirement surprenant, l’administration Trump a pris position en faveur du Canada dans un différend juridique concernant l’oléoduc 5 d’Enbridge Inc., un pipeline vital pour l’approvisionnement énergétique du Canada et des États-Unis. Cette intervention, formulée dans un document juridique déposé auprès d’un tribunal américain, reconnaît la force contraignante d’un traité international que l’administration Trump a souvent remis en question par le passé.

Le litige oppose Enbridge à l’État du Michigan, dont la gouverneure, Gretchen Whitmer, a annoncé en 2020 son intention de révoquer la servitude de 1953 autorisant l’oléoduc à traverser le détroit de Mackinac, invoquant des préoccupations de sécurité et d’entretien. Le blocage de l’oléoduc 5 aurait des conséquences économiques considérables pour le Canada, car il transporte la quasi-totalité du pétrole et du gaz destinés à la province d’Ontario depuis l’Alberta. Il alimente également de nombreuses régions du Midwest américain.

Enbridge a contesté la décision du Michigan devant les tribunaux, arguant que l’État n’avait aucune justification légale pour annuler la servitude, soulignant que l’entreprise avait pris toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de l’oléoduc. Un projet de remplacement de la conduite, approuvé par la Commission des services publics du Michigan et la cour d’appel du Michigan, a été bloqué par le gouvernement Whitmer pour des raisons environnementales.

Au cœur de ce différend se trouve le Traité canado-américain sur les pipelines de 1977, qui garantit le libre transit du pétrole de l’Alberta vers l’Ontario en passant par les États-Unis. Ce traité, ratifié par le gouvernement américain après approbation du Sénat, avait initialement été proposé par les États-Unis eux-mêmes dans les années 1970 afin de garantir un acheminement sans entrave du pétrole de l’Alaska vers un port américain via le Canada, sans interférence de la Colombie-Britannique.

Le gouvernement canadien a soutenu Enbridge en déposant une requête d’intervention devant le tribunal, affirmant que le traité de 1977 est juridiquement contraignant pour les États-Unis et annule toute tentative d’ingérence du Michigan. L’administration Biden s’était jusqu’alors abstenue de prendre position, cherchant à concilier différents intérêts politiques américains. Cependant, le 19 septembre dernier, le ministère de la Justice américain a déposé une soumission de 33 pages, affirmant que le Michigan tentait de contourner l’autorité fédérale en matière de réglementation des pipelines inter-États et de politique étrangère, car les États-Unis sont tenus par leurs obligations en vertu du traité de 1977.

Le ministère de la Justice a également averti que les États-Unis pourraient être tenus responsables en cas de violation du traité et qu’il existe donc un « intérêt public important » à éviter un différend bilatéral avec le Canada. Enbridge se réjouit de cette intervention.

Bien que les motivations de Donald Trump restent sujettes à interprétation – certains évoquant une stratégie politique visant à attaquer les gouverneurs démocrates ou l’influence des grandes compagnies pétrolières – il est indéniable que son administration a reconnu la validité d’un traité avec le Canada. Cette position pourrait avoir des implications sur les négociations de renouvellement de l’ACEUM, prévues pour l’année prochaine, offrant au Canada un levier politique face à un partenaire commercial souvent imprévisible.

Lawrence Herman est avocat international chez Herman & Associates et chercheur principal à l’Institut CD Howe.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.