Publié le 10 octobre 2025 à 18h06. Les navigateurs web intégrant l’intelligence artificielle, en plein essor, présentent des failles de sécurité préoccupantes qui pourraient permettre le vol de données sensibles et l’installation de logiciels malveillants, selon une nouvelle étude. Ces vulnérabilités mettent en lumière la nécessité de repenser les stratégies de protection en ligne.
- Les navigateurs basés sur l’IA, comme Comet, peuvent être manipulés pour effectuer des actions malveillantes en raison d’un manque de sensibilisation à la sécurité.
- Les outils de sécurité traditionnels, tels que la détection et la réponse aux points de terminaison, ne parviennent pas à distinguer l’activité humaine de celle de l’IA, créant une faille de sécurité.
- De nouveaux modèles de sécurité, axés sur l’« identité agent » et la prévention des pertes de données au niveau du navigateur, sont nécessaires pour protéger les utilisateurs.
Une étude récente menée par SquareX, une société de sécurité basée à Singapour, révèle que les navigateurs dotés d’intelligence artificielle sont susceptibles d’être exploités par des acteurs malveillants. Ces navigateurs, conçus pour automatiser des tâches, ne sont pas suffisamment équipés pour évaluer la sécurité des instructions qu’ils reçoivent, les rendant vulnérables à la manipulation.
Vivek Ramachandran, fondateur de SquareX, explique :
« Comme tout agent d’IA, les navigateurs IA sont formés pour accomplir des tâches, et non pour se soucier de la sécurité. »
Vivek Ramachandran, fondateur de SquareX
Il ajoute que cette caractéristique facilite la tâche des attaquants pour inciter ces navigateurs, comme Comet, à exécuter des actions nuisibles en les persuadant qu’elles font partie intégrante de leur flux de travail.
SquareX a identifié plusieurs cas concrets d’exploitation de Comet. Dans un exemple, le navigateur a été victime d’une attaque basée sur le protocole OAuth, permettant à un attaquant d’obtenir un accès complet au compte Gmail et à Google Drive d’une victime. Le navigateur, pensant effectuer une recherche légitime, a accordé des autorisations permettant l’exfiltration de tous les fichiers du compte, y compris ceux partagés par d’autres utilisateurs. Dans un autre cas, Comet a envoyé une invitation de calendrier contenant un lien malveillant alors qu’il gérait la boîte de réception d’un utilisateur. Les chercheurs ont également constaté des téléchargements de logiciels malveillants et l’envoi de documents confidentiels par e-mail à des adresses externes.
Le principal problème réside dans l’incapacité des outils de sécurité existants à différencier l’activité humaine de celle de l’IA. Étant donné que les actions du navigateur IA proviennent du même processus que celles de l’utilisateur, les solutions de détection et de réponse aux points de terminaison (EDR) ou les services d’accès sécurisé Edge (SASE) ne peuvent pas identifier les activités suspectes. SquareX souligne donc la nécessité de développer des défenses « natives du navigateur » capables de séparer les actions initiées par l’utilisateur de celles exécutées par l’agent IA.
Cette problématique intervient alors que plusieurs géants de la technologie, tels que Microsoft Edge et Google Chrome, ont récemment annoncé l’intégration de fonctionnalités d’IA générative directement dans leurs navigateurs, suivant ainsi la tendance lancée par OpenAI.
Pour protéger efficacement les utilisateurs, SquareX estime qu’il est impératif de mettre en place de nouveaux modèles de sécurité qui tiennent compte de l’« identité agent » – la capacité de distinguer les actions pilotées par l’IA de celles initiées par les humains – et de développer de nouveaux mécanismes de prévention des pertes de données fonctionnant directement au niveau du navigateur.