Home NouvellesLa défense des USA et d’Israël passe par les valeurs américaines universelles

La défense des USA et d’Israël passe par les valeurs américaines universelles

by Nicolas Lefèvre

Deux ans après l’attaque du 7 octobre 2023, le débat sur le conflit israélo-palestinien aux États-Unis s’est radicalisé, allant au-delà de la solidarité initiale avec Israël. L’évolution de l’opinion publique et les stratégies employées pour défendre la politique américaine envers Israël suscitent des interrogations sur l’efficacité des approches traditionnelles.

L’auteur se souvient du choc ressenti lors des premières images diffusées après l’attaque du Hamas. Un ami israélo-américain, Elay, l’avait contacté, paniqué, alors que des militants tentaient d’entrer dans le domicile de sa famille. Elay est retourné en Israël pour rejoindre son ancienne unité des forces spéciales et a été déployé dans la bande de Gaza.

Dans les jours qui ont suivi le 7 octobre, une large majorité d’Américains, au-delà des cercles universitaires les plus militants, exprimait sa solidarité avec Israël. Les images de massacres, de jeunes enlevés lors d’une fête et d’agressions antisémites avaient profondément marqué les consciences. L’intervention militaire israélienne à Gaza semblait alors légitime, une réponse nécessaire à une attaque terroriste d’une ampleur sans précédent.

Aujourd’hui, le paysage a changé. Des critiques accusent Israël de mener un « génocide », une affirmation que l’auteur juge infondée, mais qui gagne du terrain dans l’opinion publique. Parallèlement, certains partisans d’Israël, notamment au sein du Parti républicain, invoquent un devoir théologique envers l’État juif, basé sur des interprétations bibliques. L’auteur, catholique, se dit déconcerté par cet argument, qu’il juge peu convaincant.

D’autres défenseurs d’Israël cherchent à étouffer toute critique de la guerre, assimilant toute dissidence à de l’antisémitisme et appelant à l’exclusion de ceux qui remettent en question le soutien américain. Ces tactiques, selon l’auteur, sont désormais contre-productives.

Il estime qu’il est temps de fonder les arguments en faveur du soutien à Israël sur l’intérêt national américain. Il faut expliquer clairement la logique stratégique de la poursuite de la guerre et définir son objectif ultime. Les Américains, même envers leurs alliés, veulent comprendre les raisons et les modalités d’un engagement, ainsi que ses bénéfices pour leur propre pays.

Israël et les États-Unis partagent de nombreux intérêts stratégiques. Les partisans d’Israël devraient mettre en évidence ces convergences et démontrer comment le soutien à Israël contribue à la paix, à la sécurité et à la stabilité des États-Unis, tout en respectant ses valeurs culturelles. C’est ce type d’argumentation, et non les considérations théologiques ou les accusations, qui peut convaincre les indécis.

La montée de l’antisémitisme aux États-Unis, notamment sur les campus universitaires, inquiète également la communauté juive américaine. Certaines propositions législatives, comme l’« Anti-Semitism Awareness Act », visent à introduire des règles contre les « discours de haine ». D’autres, comme la Ligue anti-diffamation, cherchent à discréditer les critiques, parfois à juste titre, mais souvent de manière excessive, et appellent à la censure.

L’auteur estime que ces approches sont contre-productives. La réponse à l’antisémitisme ne réside pas dans les lois sur les discours de haine, la censure numérique ou les programmes de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI). Il faut plutôt faire appel aux valeurs américaines universelles : l’égalité devant la loi pour tous, la protection de la vie, de la liberté et de la propriété, et la réfutation des théories du complot par la force de la raison.

De même, au lieu de demander des programmes DEI spécifiques, les étudiants juifs seraient mieux protégés par une règle unique de coexistence civile et de sécurité pour tous. Ceux qui violent les principes fondamentaux de la confrontation civile, par exemple en occupant illégalement des espaces ou en vandalisant des biens, doivent être sanctionnés rapidement et fermement, non pas en raison de leur ciblage des Juifs, mais en raison de leur violation de principes universels.

L’auteur conclut en affirmant sa sympathie pour la communauté juive américaine et l’État d’Israël, mais souligne la nécessité de fonder les arguments sur l’intérêt national américain et les valeurs universelles. Adopter la logique de la censure et des « discours de haine » peut donner un sentiment de sécurité immédiat, mais échouera à long terme. Le sort des Juifs américains est indissociable de celui de tous les Américains.

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