Publié le 24 novembre 2023 15:32. Les prix du pétrole ont connu une forte baisse vendredi, portés par l’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, réduisant les tensions géopolitiques et la prime de risque sur le marché.
- Le baril de Brent a chuté de 2,7 % à 63,49 $ (environ 58,40 €) à 13h16 GMT, atteignant son plus bas niveau depuis début juin.
- Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a perdu 2,8 % pour s’établir à 59,80 $ (environ 55,20 €) le baril, son niveau le plus bas depuis début mai.
- L’accord de cessez-le-feu pourrait apaiser les craintes concernant la sécurité du transport maritime dans le canal de Suez et la mer Rouge.
Les prix du pétrole ont plongé après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, marquant la première phase d’un plan visant à mettre fin au conflit à Gaza. Cet accord, ratifié vendredi par le gouvernement israélien, prévoit un arrêt des combats, un retrait partiel des forces israéliennes de Gaza et la libération des otages détenus par le Hamas en échange de centaines de prisonniers palestiniens détenus par Israël.
Cette nouvelle a contribué à relâcher les tensions sur le marché, où la crainte de perturbations de l’approvisionnement avait soutenu les prix ces dernières semaines. Depuis 2023, des navires ont été la cible d’attaques par les Houthis au Yémen, qui affirment agir en solidarité avec les Palestiniens. Ces attaques ciblant des navires considérés comme liés à Israël avaient suscité des inquiétudes quant à la sécurité des routes maritimes cruciales pour le transport du pétrole.
Selon Bjarne Schieldrop, analyste en chef des matières premières chez SEB,
« Enfin, avoir une sorte de processus de paix au Moyen-Orient abaisse un peu les épaules. »
Bjarne Schieldrop, analyste en chef des matières premières chez SEB
Cette détente pourrait donc apaiser les craintes concernant le passage des transporteurs de pétrole brut par le canal de Suez et la mer Rouge.
Sur le marché hebdomadaire, le Brent accuse une baisse de 1,7 % et le WTI de 1,9 %. Mercredi, les prix avaient brièvement grimpé d’environ 1 % après un blocage des négociations en Ukraine, laissant craindre la poursuite des sanctions contre la Russie, le deuxième exportateur mondial de pétrole.
Daniel Hynes, analyste chez ANZ, estime que l’accord de cessez-le-feu à Gaza permet de recentrer l’attention sur la perspective d’un excédent pétrolier imminent, malgré la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés (OPEP+) de réduire plus lentement que prévu leurs réductions de production. L’OPEP+ avait annoncé dimanche une augmentation modérée de la production.
Les analystes de BMI soulignent que
« Les attentes des marchés concernant une forte augmentation de l’offre de brut ne se sont pas traduites par une baisse substantielle des prix. »
Analystes de BMI
Par ailleurs, les investisseurs restent préoccupés par la possibilité d’une fermeture prolongée du gouvernement américain, qui pourrait freiner la croissance économique et réduire la demande de pétrole du plus grand consommateur mondial.
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