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Dette impayable : migration, développement et réparations

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Un atelier de recherche interdisciplinaire, organisé par les universités Duke et NYU, explore les liens entre colonialisme, crises mondiales et les réponses contemporaines des États face aux migrations et à la précarité croissante. L’atelier…

Dette impayable : migration, développement et réparations

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Un atelier de recherche interdisciplinaire, organisé par les universités Duke et NYU, explore les liens entre colonialisme, crises mondiales et les réponses contemporaines des États face aux migrations et à la précarité croissante.

  • L’atelier se concentre sur la persistance des logiques coloniales dans les politiques actuelles des pays du Nord.
  • Les chercheurs envisagent la migration à travers le concept de « dette impayable » et cherchent à repenser la citoyenneté.
  • Une conférence publique avec E. Breaky abordera les questions de la migration et des frontières nationales.

Un atelier de recherche fermé, fruit d’une collaboration entre le laboratoire de Duke sur le changement climatique, la décolonisation et la noirceur mondiale, et le laboratoire Critical Racial Anti Colonial Study de NYU, s’est penché sur les racines historiques des défis contemporains. Les participants, issus de diverses disciplines, examinent comment les pratiques coloniales d’expropriation, d’extraction et de violence continuent d’influencer les dynamiques politiques, économiques, sociales et écologiques actuelles.

L’atelier s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par une remise en question de la domination occidentale. Les chercheurs estiment que les fondements mêmes de l’ordre mondial actuel sont en mutation, et que les crises qui en découlent nécessitent une analyse approfondie. Ils soulignent que les logiques qui ont structuré le colonialisme depuis le XVIe siècle persistent dans les politiques des États du Nord, notamment dans la manière dont ils construisent l’identité occidentale en opposition aux cultures du Sud.

Les réponses des États riches aux problèmes de précarité environnementale et sociale dans le Sud global ont, selon les participants, renforcé la sécurité des entreprises et favorisé le retour de politiques identitaires, souvent déployées au-delà des frontières. Depuis 2015, ces réponses auraient eu pour effet d’accroître l’exploitation des travailleurs et d’éroder les droits civils et les droits de l’homme, avec des exceptions pour une minorité privilégiée.

L’atelier accorde une place centrale aux recherches féministes anticoloniales, ainsi qu’aux études autochtones, aux études sur les Noirs et aux études critiques sur la migration. Il explore notamment la possibilité de repenser la migration à travers le prisme de la « dette impayable », une notion qui interroge les responsabilités historiques des pays du Nord envers les anciennes colonies. L’objectif est de réfléchir à de nouvelles constructions théoriques de la citoyenneté et de l’État-nation, qui reconnaîtraient le migrant comme un acteur légitime dans la recherche de réparations.

Une conférence publique, animée par E. Breaky, est prévue et abordera les questions fondamentales : Qu’est-ce qu’un migrant ? Qu’est-ce qu’une frontière nationale ?

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.