Alors que la menace d’une paralysie gouvernementale se précise, l’administration Trump a lancé une série de mesures visant à affaiblir des institutions et à sanctionner des fonctionnaires considérés comme hostiles. Des milliers d’employés fédéraux ont reçu des préavis de licenciement, touchant notamment les services de santé publique et de logement.
Près de 4 000 employés fédéraux ont été informés de leur possible licenciement, selon des informations de Bloomberg. Parmi eux, une centaine d’agents du Département du Logement et du Développement Urbain (HUD) chargés des enquêtes sur les discriminations en matière de logement, ainsi que 466 salariés du ministère de l’Éducation. Les coupes budgétaires les plus importantes concernent le ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS), où plus de 1 000 postes pourraient être supprimés.
Selon les New York Times, figurent parmi les personnes concernées par ces « réductions des effectifs » (RIF) environ 70 « détectives des maladies », ainsi que l’équipe responsable de la publication du rapport hebdomadaire sur la morbidité et la mortalité des maladies (MMWR) des Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Ce rapport, publié sous une forme ou une autre depuis près de 150 ans, est un pilier de la surveillance de la santé publique aux États-Unis.
Ces licenciements s’inscrivent dans une tendance plus large observée depuis le début du second mandat de Donald Trump : une dégradation constante des sources d’information publiques et un démantèlement progressif des institutions de santé publique. L’administration a ainsi supprimé de nombreux ensembles de données de sites web publics, allant des informations sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle aux données relatives au changement climatique. Le financement de projets de recherche sur des sujets jugés peu favorables par l’administration a également été drastiquement réduit.
Plus récemment, le chef du Bureau of Labor Statistics a été limogé en raison de rapports mensuels sur l’emploi jugés défavorables. Le refus de publication d’un rapport sur l’emploi la semaine dernière a d’ailleurs contraint le secteur privé à combler le vide informationnel. Le licenciement de l’équipe chargée du MMWR s’inscrit donc dans cette logique.
Le MMWR, qui publie des informations détaillées comme « Traitement antimicrobien et prophylaxie de la tularémie : recommandations du CDC pour les infections naturellement acquises et la réponse au bioterrorisme », est considéré comme un outil essentiel de santé publique. Les professionnels de la santé publique se retrouvent, par ailleurs, confrontés à une pression constante, venant de l’administration Trump, de son directeur du Bureau de la gestion et du budget, Russell Vought, d’Elon Musk et du secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr.
Dès le début de son mandat, Donald Trump a gelé le financement de l’aide étrangère, mettant en péril des programmes de santé publique qui ont sauvé des millions de vies. L’USAID, l’agence américaine de développement international, a été affaiblie après avoir été critiquée par Elon Musk. Robert F. Kennedy Jr. a quant à lui sapé l’autorité du CDC en remplaçant tous les membres de son comité consultatif sur les pratiques de vaccination. Il a également tenu une conférence de presse avec Donald Trump pour affirmer que la prise de paracétamol (Tylenol) pendant la grossesse pourrait provoquer l’autisme.
« Rien de mal ne peut arriver, seul le bien peut arriver », a déclaré Donald Trump.