La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a franchi un nouveau cap dimanche, avec une riposte virulente de Pékin à la menace du président Trump d’imposer des droits de douane de 100 % sur les produits chinois. Cette escalade pousse les deux plus grandes économies mondiales vers un point de rupture, selon les autorités chinoises.
Le ministère chinois du Commerce n’a pas hésité dans sa réponse : « Nous ne voulons pas nous battre, mais nous n’avons pas peur de le faire. »
Dans un communiqué publié en ligne, le ministère accuse Washington de « porter gravement atteinte » aux relations bilatérales et de saper l’atmosphère des négociations commerciales. Il dénonce une approche fondée sur « la menace constante de droits de douane élevés », estimant qu’elle n’est pas la voie à suivre pour dialoguer avec la Chine.
Cette réaction fait suite à l’annonce, vendredi, par Donald Trump de l’imposition de droits de douane à 100 % sur l’ensemble des marchandises chinoises à partir du 1er novembre. Cette mesure est présentée comme une riposte aux restrictions d’exportation imposées par Pékin sur les terres rares.
Pékin a également accusé les États-Unis de « deux poids, deux mesures », soulignant que Washington pratique également des mesures protectionnistes et des contrôles à l’exportation, notamment sur les semi-conducteurs avancés. Les deux pays semblent ainsi instrumentaliser leurs atouts économiques respectifs – les terres rares pour la Chine, les puces électroniques pour les États-Unis – tout en dénonçant les pratiques commerciales déloyales de l’autre.
La crise actuelle a été déclenchée par l’annonce de restrictions sans précédent à l’exportation de terres rares, des minéraux essentiels utilisés dans de nombreux secteurs, des smartphones aux avions de combat. La Chine contrôle environ 90 % du traitement mondial de ces matières premières, ce qui lui confère un pouvoir de levier considérable.
Donald Trump a qualifié la décision chinoise d’« absolument inédite dans le commerce international et d’une honte morale », annonçant en retour des contrôles à l’exportation sur « tous les logiciels essentiels ». Pékin avait justifié ses restrictions par la nécessité de « sauvegarder la sécurité et les intérêts nationaux », un argument similaire à celui utilisé par Washington pour justifier ses propres restrictions sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine.
À ce stade, le ministère chinois du Commerce estime qu’un dialogue reste possible, mais avertit que la politique de coercition économique américaine ne forcera pas Pékin à céder.