Publié le 12 octobre 2025 à 16h37. Selon un récent rapport du Département d’État américain, les douanes philippines restent un terrain fertile pour la corruption, entravant l’investissement étranger et la transparence des réglementations.
- Le Bureau des douanes (BOC) est désigné comme l’une des institutions les plus corrompues du pays.
- Les investisseurs américains se plaignent de lourdeurs administratives, de frais incohérents et de demandes de pots-de-vin.
- Le commissaire aux douanes, Ariel Nepomuceno, affirme avoir lancé des réformes pour lutter contre la corruption.
Les douanes philippines continuent de poser problème en matière de transparence et de corruption, selon le dernier rapport sur le climat des investissements publié par le Département d’État américain. Le document souligne que ces pratiques nuisent à l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.
Le rapport met en évidence un environnement réglementaire souvent décrit comme « flou » dans de nombreux secteurs économiques, entraînant une application incohérente des règles. Les investisseurs américains signalent des difficultés particulières dans les procédures d’enregistrement des entreprises, les formalités douanières et les questions d’immigration.
« Certains investisseurs américains décrivent les processus d’enregistrement des entreprises, de douane et d’immigration comme fastidieux. Les processus douaniers, en particulier, peuvent présenter des défis et l’ambassade a reçu de nombreux rapports d’entreprises américaines faisant état de recherches trop invasives, de frais de douane incohérents et de sollicitations de “frais de facilitation” (par exemple, des pots-de-vin) de la part de certains agents des douanes. »
Département d’État américain, rapport sur le climat des investissements pour les Philippines
Le rapport souligne également que les agences de régulation philippines ne sont généralement pas indépendantes et sont rattachées aux ministères ou à l’administration présidentielle. De plus, les incohérences au sein du système judiciaire compliquent l’application effective des réglementations.
Le commissaire aux douanes, Ariel Nepomuceno, a pris acte des préoccupations soulevées par le rapport américain. Il a cependant assuré que des mesures avaient déjà été prises pour remédier à ces problèmes avant la publication du document. Il a affirmé que, durant ses cent premiers jours en fonction, il avait initié des réformes institutionnelles visant à renforcer l’intégrité de l’administration douanière.
Parmi les initiatives mises en œuvre, M. Nepomuceno a cité l’instauration d’une politique de « tolérance zéro » à la corruption, interdisant toute forme de transaction illégale au sein du BOC. Cette directive s’applique à tous les niveaux de l’agence et les infractions sont passibles de sanctions disciplinaires immédiates.
En juillet 2025, le commissaire a également publié un mémorandum interdisant aux fonctionnaires et employés des douanes de détenir des intérêts commerciaux ou financiers dans les sociétés de courtage en douane. Le personnel a également été tenu de déclarer tout lien familial avec ces entreprises, afin de garantir l’impartialité et la transparence des opérations douanières.
Sur une photo datée du 1er octobre 2025, le commissaire des douanes Ariel Nepomuceno présente 13 voitures de luxe confisquées à des individus liés à des irrégularités dans un projet de contrôle des inondations. Photo Mike Alquinto
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