Un squelette de crocodile parfaitement conservé, long de cinq mètres, a été découvert dans l’arrière-pays de Montpellier. Cette découverte exceptionnelle, unique en France, pourrait s’agir d’une espèce inconnue et vient enrichir les collections paléontologiques du musée de Lodève.
Le fossile, dont les pointes dorsales, la colonne vertébrale, les pattes et le long rostre garni de dents sont encore bien visibles, a été trouvé fortuitement par un promeneur. « Ce monsieur ouvre une boîte en carton et nous montre, dedans, 11 vertèbres. Sur le coup, je ne savais pas de quel animal il s’agissait », a confié Stéphane Fouché, responsable des collections de paléontologie du musée de Lodève.
Alerté, M. Fouché s’est rendu sur les lieux et a contacté des chercheurs. L’érosion avait déjà largement dégagé les restes, facilitant leur récupération. Les fouilles, qui ont duré quatre ans dans le Lodévois – un territoire reconnu comme l’un des plus riches de France sur le plan géologique – ont été menées sous la direction scientifique de Jérémy Martin, chercheur au CNRS, avec l’aide de l’association Paléorhodania et du groupe archéologique lodévois.
La restauration du fossile, recouvert d’une épaisse couche de sédiments, a été un travail minutieux. « On a retiré des petits morceaux petit à petit et à la fin, par sablage, avec des grains de différentes densités, on est venus retirer la fine pellicule de sédiments qui restait, pour vraiment rendre le fossile parfaitement lisible et faire ressortir tous les petits détails », explique Camille Auclair, restauratrice et paléontologue de la société Kraniata.
Ce crocodile, qui vivait à l’ère des dinosaures, était amphibie. Son régime alimentaire, déduit de sa dentition, était principalement piscivore. À ce stade, l’espèce n’a pas encore été officiellement identifiée et des analyses scientifiques approfondies sont en cours, notamment sur le crâne, qui reste attaché au reste du corps par les vertèbres cervicales. « Ce crâne est particulièrement intéressant et important car c’est lui qui doit déterminer à quelle espèce il appartient », précise Camille Auclair. « Potentiellement, cela peut être une nouvelle espèce. C’est ça que les scientifiques devront déterminer. »
Le musée de Lodève abrite déjà une collection riche de pièces paléontologiques, majoritairement découvertes localement, témoignant de 540 millions d’années d’histoire terrestre. Ce nouveau fossile vient donc s’inscrire dans une tradition de découvertes exceptionnelles pour l’établissement.
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