Home Divertissement« Sharjah Film Festival »… des films et des rêves de passion

« Sharjah Film Festival »… des films et des rêves de passion

by Antoine Girard

Publié le 13 octobre 2025 00:05:00. La 12ème édition du Festival international du film de Sharjah pour l’enfance et la jeunesse, qui s’est achevée récemment, a mis en lumière le dynamisme du cinéma arabe et a offert une plateforme inédite aux jeunes talents, avec un accent particulier sur la nécessité de raconter des histoires locales authentiques.

  • Le festival a accueilli la projection du film saoudien « Hajir », explorant les thèmes de l’espoir et de l’amour à travers le parcours d’un jeune musicien.
  • Des sessions de « Présentation de projets cinématographiques » ont été organisées pour favoriser la collaboration entre cinéastes émergents, producteurs et organismes de financement.
  • Des discussions ont souligné l’importance de l’authenticité et de la réinvention des récits traditionnels dans le cinéma arabe contemporain.

La 12ème édition du Festival international du film de Sharjah pour l’enfance et la jeunesse, organisé par la Fan Foundation – Media Discovery Platform, a tiré son rideau sur une série d’événements riches en découvertes et en échanges. Le festival a réuni des professionnels du cinéma, des jeunes réalisateurs et un public passionné, tous unis par l’amour du « Septième Art » et la volonté de faire évoluer la scène cinématographique de la région.

L’un des moments forts de cette édition a été la projection du film saoudien « Hajir », réalisé par Sarah Talab. Ce long-métrage poignant se déroule à Djeddah dans les années 1960 et suit l’histoire d’un jeune musicien dont la vie est bouleversée par la perte de l’audition. Le film explore avec sensibilité les thèmes de la résilience, de l’espoir et du pouvoir de l’amour.

Soucieux de soutenir l’émergence de nouveaux talents, le festival a inauguré des séances de « Présentation de projets cinématographiques ». Ces rencontres ont permis aux cinéastes de présenter leurs idées à des producteurs et des représentants d’organismes de financement, ouvrant ainsi la voie à de potentielles collaborations.

Les échanges entre professionnels ont également été au cœur du festival. Lors d’une session animée par Rami Zanati, plusieurs jeunes réalisateurs ont partagé leurs expériences. Angelo Visser a ainsi souligné l’importance de la vulnérabilité à l’écran :

« L’élément le plus important dans le cinéma est la capacité de montrer la fragilité humaine, car c’est ce qui fait vibrer l’histoire et les scènes avec honnêteté. Dans mon film, je voulais capturer les sentiments d’un adolescent qui passe du lycée à l’université, avec tous les sentiments qui l’accompagnent. »

Mujtaba Al-Hajji a, quant à lui, insisté sur la nécessité de rester fidèle à sa vision :

« La passion et le désir représentent la chose la plus importante qu’un cinéaste puisse avoir, et je conseille aux nouveaux talents d’être honnêtes avec eux-mêmes, en préservant l’authenticité, qui représente la source de la véritable créativité et de l’imagination. »

Le festival a également organisé des tables rondes captivantes, notamment une discussion intitulée « Légendes contemporaines : réimaginer le folklore et l’histoire arabes à travers le cinéma », modérée par le journaliste Ibrahim Estadi. Cette session a mis en lumière l’intérêt croissant des cinéastes émiratis pour la réinterprétation des mythes et des récits traditionnels.

La réalisatrice émiratie Nujoom Al-Ghanem a exprimé son point de vue sur l’évolution du cinéma arabe :

« Je crois que nous avons atteint un stade où le cinéma arabe a la capacité de se développer au-delà de l’ordinaire, de présenter des histoires historiques d’une manière contemporaine et visuellement attrayante. »

Elle a également évoqué l’importance du film « Le Message » comme jalon dans l’histoire du cinéma arabe, soulignant la combinaison réussie de valeur artistique, de fierté culturelle et de qualité de production.

Ahmed Al Jasmi, un autre artiste émirati, a souligné les défis liés à la réalisation de films historiques destinés à un jeune public :

« Nous ne sommes pas seulement en compétition pour leur attention, mais aussi pour leur imagination. Le public d’aujourd’hui est intelligent et bien informé, a accès au meilleur contenu au monde et attend du cinéma arabe qu’il offre le même niveau de qualité, de narration et de production. »

Le poète émirati Khaled Al-Badour a rappelé les contraintes de production auxquelles est confrontée l’industrie cinématographique arabe, notamment en matière de financement, de technologies et de réseaux de distribution. Il a ajouté que ces difficultés peuvent influencer le choix des sujets abordés, rendant parfois plus facile de se tourner vers des récits historiques.

En conclusion, Ahmed Al Jasmi a souligné l’importance de répondre aux attentes d’un public jeune et avide d’histoires locales :

« Il existe un désir croissant parmi la jeunesse émiratie de regarder davantage d’histoires locales sur grand écran et de suivre des œuvres qui expriment leur identité, leur culture et leur vie quotidienne, d’une manière authentique et proche d’eux. »

Il a insisté sur le rôle crucial des conteurs audacieux, capables de briser les codes et de réinventer la narration cinématographique.


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