La boxeuse algérienne Imane Khelif ne pourra pas participer à la Eindhoven Box Cup, prévue du 5 au 10 juin aux Pays-Bas, ni à aucune compétition organisée par World Boxing tant qu’elle n’aura pas subi un test de détermination sexuelle. Cette décision intervient après l’annonce de l’introduction obligatoire de ces tests par l’instance dirigeante.
World Boxing a annoncé vendredi l’instauration de ces tests obligatoires « afin d’assurer la sécurité de tous les participants et de garantir un terrain de jeu équitable pour les hommes et les femmes ». Dans une lettre adressée à la Fédération algérienne de boxe, l’organisation explique que cette mesure fait suite « aux circonstances particulières entourant certains boxeurs ayant participé aux Jeux olympiques de Paris 2024 ».
La décision concernant Imane Khelif vise, selon World Boxing, à protéger la santé physique et mentale de tous les participants, compte tenu des réactions suscitées par sa potentielle participation à la compétition néerlandaise. L’instance précise que les nouvelles règles d’éligibilité ont été élaborées « dans le but explicite de protéger les athlètes dans les sports de combat », en raison des « risques physiques associés à la boxe de style olympique ».
En cas de contestation de la certification sexuelle de l’athlète par sa fédération ou par World Boxing, cette dernière ne sera pas autorisée à concourir tant que le litige n’aura pas été résolu, indique la lettre.
World Boxing a obtenu une reconnaissance provisoire de la part du Comité international olympique (CIO) en février 2025, et la Fédération algérienne de boxe y a adhéré en septembre de la même année. Imane Khelif a toujours concouru dans la catégorie féminine et rien n’indique qu’elle s’identifie autrement.
Des informations rapportées dans la presse ont évoqué la présence de chromosomes XY chez Imane Khelif, ce qui a conduit à des spéculations sur d’éventuelles différences de développement sexuel (DDS), à l’instar de la coureuse Caster Semenya. Cependant, la BBC n’a pas pu confirmer ces informations.
Le CIO a précisé l’année dernière qu’il ne s’agissait pas d’un cas de transidentité. Dans un communiqué publié mardi, l’organisation a rappelé que « les critères d’éligibilité relèvent de la responsabilité de chaque fédération internationale ». Elle a ajouté que « les facteurs qui influent sur la performance sportive sont propres à chaque sport, discipline et/ou épreuve ». Le CIO attend désormais de connaître les détails de la mise en œuvre des tests de détermination sexuelle, afin de s’assurer qu’ils soient sûrs, équitables et juridiquement applicables.
World Boxing a indiqué que sa nouvelle politique est en phase finale de développement et prévoit que « tous les athlètes de plus de 18 ans souhaitant participer à une compétition organisée ou sanctionnée par World Boxing devront subir un test génétique PCR (réaction en chaîne par polymérase) pour déterminer leur sexe à la naissance et leur éligibilité à concourir ».
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