Publié le 2025-10-13 09:33:00. Un studio d’animation méconnu, niché dans un quartier résidentiel de Mexico, abrite la création d’un univers cinématographique unique, le premier film en stop motion mexicain, Je m’appelle Frankelda, qui promet de donner un nouvel élan à l’animation dans le pays.
- Le film Je m’appelle Frankelda, réalisé par les frères Arturo et Roy Ambriz, sortira en salles le 23 octobre.
- Le studio Cinema Fantasma, où le film a été entièrement créé, a bénéficié du soutien et des conseils de Guillermo del Toro.
- Le Mexique ambitionne de devenir un pôle d’excellence pour l’animation en stop motion.
Dans un entrepôt discret du quartier Olivar de los Padres, à Mexico, se cache un monde en mouvement constant. Loin des projecteurs, les frères Arturo et Roy Ambriz, âgés de 36 et 35 ans, ont créé un univers cinématographique foisonnant, peuplé de marionnettes complexes et d’histoires captivantes. Leur studio, Cinema Fantasma, est l’atelier où est né Je m’appelle Frankelda, le premier long métrage mexicain réalisé en stop motion (animation image par image), une technique qui donne l’illusion du mouvement en manipulant des objets immobiles entre chaque prise de vue.
L’œuvre, qui sortira en salles le 23 octobre, a déjà suscité l’enthousiasme, notamment grâce au soutien de Guillermo del Toro, le célèbre réalisateur mexicain. Les frères Ambriz ont pu bénéficier de ses conseils et de son expérience, qu’ils comparent à la présence d’un « Gandalf » tiré des œuvres de J.R.R. Tolkien.
« Nous lui avons déjà dit que c’était le nôtre. Gandalf, parce que c’est comme ça. Comme dans Le Seigneur des Anneaux, il apparaît, nous donne des conseils et nous encourage dans l’aventure. »
Roy Ambriz, réalisateur
Je m’appelle Frankelda raconte l’histoire d’une écrivaine mexicaine du XIXe siècle qui voyage à bord d’un avion imaginaire, le Topus torrentus, pour affronter les monstres qu’elle a créés. Guidée par un prince tourmenté, elle doit rétablir l’équilibre entre fiction et réalité. Le film est un hommage à l’art de l’animation stop motion, une technique exigeante qui demande une patience et un savoir-faire considérables. Une seule seconde d’animation représente 24 images, chacune réalisée avec minutie.
Pour donner vie à leur univers, les frères Ambriz ont créé plus de 200 marionnettes, des décors impressionnants et des accessoires originaux. Leur atelier est un véritable laboratoire d’idées, où se côtoient des squelettes en acier, des sculptures en pâte à modeler, des mains miniatures en silicone et des mâchoires en résine imprimées en 3D. Ils ont également puisé leur inspiration dans des œuvres telles que Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter et Game of Thrones.
Le studio Cinema Fantasma cherche à rendre hommage à la culture mexicaine, en intégrant des éléments de son folklore et de son histoire dans ses créations. On y retrouve ainsi des aluxes, figures sacrées de la tradition maya, des cénotes, gouffres naturels typiques de la péninsule du Yucatán, et une représentation monstrueuse de Porfirio Díaz, le dictateur qui a gouverné le Mexique pendant trois décennies.
Guillermo del Toro a encouragé les frères Ambriz à ajouter des séquences supplémentaires au film, et a même invité ses élèves à Londres pour enregistrer la musique de son dernier projet, Frankenstein. Il les a également emmenés au Canada pour se former au mixage sonore.
Les frères Ambriz espèrent que Je m’appelle Frankelda ouvrira la voie à une nouvelle génération d’animateurs mexicains et contribuera à faire du Mexique un pôle d’excellence pour l’animation en stop motion. Ils ont commencé leur aventure il y a 12 ans, en installant une tente sur le toit de la maison de leurs parents. Aujourd’hui, leur rêve est devenu réalité, et ils sont prêts à partager leur univers avec le monde entier.
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