Publié le 13 octobre 2025 à 12h30. Une entreprise suisse révolutionne le recyclage des métaux en utilisant uniquement l’énergie solaire pour atteindre des températures de fusion, ouvrant la voie à une industrie horlogère plus durable et à une économie circulaire innovante.
- Panatère, une société basée à La Chaux-de-Fonds, a développé des fours solaires capables d’atteindre 2 000 °C.
- Ces fours permettent de recycler les déchets d’aluminium et d’acier, notamment ceux issus de l’industrie horlogère, sans recourir à des combustibles fossiles.
- La technologie est reproductible dans toute région bénéficiant d’un ensoleillement suffisant et pourrait transformer la gestion des déchets métalliques à l’échelle européenne.
La Suisse, traditionnellement associée à l’horlogerie de précision, se positionne désormais à l’avant-garde d’une nouvelle ère industrielle, celle de l’énergie solaire concentrée. L’entreprise Panatère, implantée au cœur du secteur horloger à La Chaux-de-Fonds, a mis au point une technologie disruptive : des fours solaires capables de fondre des métaux à des températures extrêmement élevées, le tout sans émission de gaz à effet de serre.
L’industrie horlogère, bien que réputée pour son savoir-faire, génère d’importantes quantités de déchets métalliques – copeaux, chutes de matériaux, pièces défectueuses. Jusqu’à présent, le recyclage de ces précieux métaux impliquait leur acheminement vers des fonderies éloignées, une opération coûteuse et énergivore. Panatère propose une alternative locale et écologique : transformer ces déchets en lingots directement sur place, prêts à être réintégrés dans le cycle de production. Il s’agit d’une véritable économie circulaire, où les déchets deviennent une ressource.
Le fonctionnement de ces fours solaires repose sur un système d’héliostats, une surface de 140 m² composée de centaines de miroirs qui suivent la course du soleil et concentrent ses rayons sur un point focal. Cette concentration d’énergie permet d’atteindre des températures avoisinant les 2 000 °C, suffisantes pour faire fondre l’aluminium et l’acier. À l’instar d’une récente innovation chinoise dans le domaine des matériaux solaires, cette technologie démontre le potentiel immense de l’énergie solaire pour des applications industrielles.
Un aspect particulièrement intéressant de l’approche de Panatère est sa flexibilité. L’entreprise n’impose aucune quantité minimale de déchets aux fabricants horlogers, facilitant ainsi l’adoption de cette solution par les petites et moyennes entreprises. Chaque atelier peut ainsi contribuer à réduire son empreinte carbone et à valoriser ses déchets.
Bien que le projet soit actuellement localisé dans les Alpes suisses, sa reproductibilité est un atout majeur. Toute région bénéficiant d’un ensoleillement suffisant pourrait adopter cette technologie, offrant une solution durable pour le recyclage des métaux. Panatère est d’ailleurs déjà en discussion avec des entreprises européennes intéressées par cette innovation, notamment dans des secteurs où le recyclage des métaux représente un défi logistique et environnemental.
La question de l’intermittence de l’énergie solaire, liée aux conditions météorologiques ou au cycle jour/nuit, a été anticipée par Panatère. Le four est équipé d’un système de stockage d’énergie qui lui permet de fonctionner même en l’absence de soleil. Cependant, pour les processus nécessitant un fonctionnement continu, notamment en hiver, un complément avec des sources d’énergie conventionnelles ou des batteries peut être nécessaire.
Malgré ces défis, les premiers résultats sont encourageants. Dans un pays où l’hiver est long, la production annuelle des fours solaires de Panatère dépasse déjà celle des systèmes traditionnels en termes d’efficacité et de durabilité. La Suisse prouve ainsi qu’il est possible de concilier industrie et respect de l’environnement. Comme le Japon l’a démontré avec ses avancées en matière de mobilité électrique, l’innovation technologique peut ouvrir la voie à un avenir plus durable.
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