Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

La volte-face de Trump déclenche une ruée vers les terres rares : actions à surveiller

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine s'intensifient autour des terres rares, entraînant une volatilité sur les marchés et un intérêt renouvelé pour les producteurs de minéraux essentiels. Après un revirement inattendu, l'administration Trump a oscillé…

La volte-face de Trump déclenche une ruée vers les terres rares : actions à surveiller

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine s’intensifient autour des terres rares, entraînant une volatilité sur les marchés et un intérêt renouvelé pour les producteurs de minéraux essentiels. Après un revirement inattendu, l’administration Trump a oscillé entre menaces de tarifs douaniers accrus et une approche plus conciliante, laissant les investisseurs incertains et stimulant l’investissement dans des alternatives nationales.

La situation a débuté début avril avec ce que certains ont qualifié de « Jour de la Libération » du président Trump, marqué par l’abandon initial d’un réalignement tarifaire. Bien que ce dernier ait été abandonné, il a néanmoins provoqué des perturbations importantes sur les marchés, une inflation accrue et des contestations juridiques. Plus préoccupant encore, l’activité manufacturière dans le Cinquième District de la Réserve fédérale de Richmond continue de se contracter, tombant à -17 en septembre, contre -7 en août, signalant un ralentissement économique.

La vulnérabilité américaine est particulièrement criante dans le domaine des terres rares (ÉTR), où la Chine détient une position dominante. Vendredi dernier, le président Trump a menacé Pékin d’une augmentation de 100 % des droits de douane, en réponse à l’annonce du ministère chinois du Commerce d’un contrôle strict des exportations d’ÉTR et de batteries lithium-ion haute performance. Selon le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), cette politique chinoise vise à empêcher l’utilisation d’ÉTR ou de technologies associées dans les chaînes d’approvisionnement de défense étrangères. « Cette politique vise à empêcher les contributions directes ou indirectes de terres rares d’origine chinoise ou de technologies associées aux chaînes d’approvisionnement de défense étrangères », a précisé le CSIS.

Cependant, le ton menaçant de Trump a été remplacé par un ton plus conciliant dimanche, via un message sur son réseau social Truth Social. Face à cette position américaine fluctuante, les investisseurs se tournent vers les producteurs nationaux de minéraux essentiels.

MP Materials Corp. (NYSE : MP), une société californienne spécialisée dans les terres rares, a vu son action bondir de 84,2 %, passant de 52,39 $ à 96,50 $ par action depuis mi-juillet. L’entreprise se concentre sur l’extraction et le traitement de l’oxyde de néodyme-praséodyme (NdPr), un composant clé des moteurs de véhicules électriques, de l’électronique de pointe et des systèmes de défense. Au deuxième trimestre 2025, MP Materials a atteint un volume de production record de 13 145 tonnes d’oxyde de terres rares (REO), contre 9 084 tonnes au cours du même trimestre de l’année précédente.

En outre, MP Materials a conclu un contrat à long terme de 500 millions de dollars avec Apple et un partenariat public-privé (PPP) avec le ministère de la Guerre début juillet, dans le but de réduire la dépendance aux exportations chinoises d’ÉTR. L’entreprise prévoit d’achever sa deuxième installation nationale de séparation des terres rares lourdes d’ici 2028, avec une capacité de production estimée à 10 000 tonnes. Malgré un déclin des ventes de REO en Chine, MP Materials a réalisé un prix de vente du NdPr de 57 $/kg (environ 52 €/kg) au deuxième trimestre, contre 48 $/kg (environ 44 €/kg) au trimestre précédent, ce qui devrait renforcer ses résultats financiers.

Bien que l’entreprise affiche actuellement une perte par action (BPA) de 0,62 $ et un passif total de 1,3 milliard de dollars, le PPP et les attentes des investisseurs restent élevés. Les analystes de Wall Street sont partagés entre une recommandation de conservation et d’achat, sans recommandation de vente. Le consensus actuel prévoit un objectif de cours moyen de 77,88 $ (environ 71 €) pour MP Materials, bien que le prix actuel de l’action soit de 96,50 $ (environ 89 €). Les investisseurs novices sont donc conseillés d’attendre une stabilisation du marché, tandis que les actionnaires actuels pourraient envisager de sécuriser leurs bénéfices.

Arafura Rare Earths Ltd., une société australienne en phase de pré-commercialisation, pourrait également bénéficier des efforts américains pour diversifier les chaînes d’approvisionnement. L’Australie étant un allié stratégique des États-Unis, Arafura transforme principalement l’oxyde NdPr, mais aussi l’oxyde SEG/HRE et un sous-produit, l’acide phosphorique, utilisé dans l’agriculture comme engrais et additif alimentaire. Le projet Nolan, situé à Alice Springs et relié à Darwin, présente une durée de vie estimée à 38 ans. Arafura a déjà conclu des accords de fourniture avec Hyundai & Kia (Corée du Sud), Siemens (Allemagne) et Traxys Europe SA (Luxembourg).

Grâce aux incitations gouvernementales, Arafura prévoit un chiffre d’affaires annuel d’ÉTR de 747 millions de dollars (environ 686 millions d’euros), auquel s’ajouteront 79 millions de dollars (environ 72 millions d’euros) provenant de l’acide phosphorique. L’action ARAFF a augmenté de 340 % depuis le début de l’année, atteignant actuellement 0,33 $, dépassant l’objectif de cours moyen de 0,20 $ par action. Cependant, en raison de la volatilité inhérente aux actions penny, les investisseurs doivent faire preuve de prudence et être prêts à prendre des risques.

Enfin, pour une exposition plus large au secteur du lithium, les investisseurs peuvent envisager le fonds négocié en bourse FNB Sprott Lithium Mineurs (LITP). Ce fonds détient 29 sociétés, dont Ganfeng Lithium (Chine) avec une pondération de 12,29 % et Pilbara Minerals Ltd. (Australie) avec 11,08 %. Ces deux expositions reflètent la domination attendue de la Chine dans le raffinage mondial du lithium (62 % d’ici 2030), tandis que l’Australie devrait rivaliser avec la Chine dans l’extraction (26 % et 28 % respectivement, selon l’AIE). La demande totale de lithium devrait passer de 205 kt à 455 kt entre 2024 et 2030. L’ETF LITP a augmenté de 50 % depuis le début de l’année.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.