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Nordio au congrès de la Région, Santalucia répond: «La réforme est politique»

La réforme de la justice en Italie bascule ouvertement dans l'arène politique. Lors d'un congrès de magistrats marqué par la froideur et le scepticisme, le ministre de la Justice a lancé un appel à la neutralité, qui s'est…

Nordio au congrès de la Région, Santalucia répond: «La réforme est politique»

La réforme de la justice en Italie bascule ouvertement dans l’arène politique. Lors d’un congrès de magistrats marqué par la froideur et le scepticisme, le ministre de la Justice a lancé un appel à la neutralité, qui s’est heurté à une réponse ferme et à une prise de position claire en faveur d’une politisation assumée de la réforme.

L’atmosphère était tendue lors de la conférence de la Zonele, courant de gauche au sein de la magistrature. L’invitation adressée au Garde des Sceaux, bien que rituelle, n’a suscité qu’une politesse distante. Les participants, le regard rivé sur l’écran de la connexion virtuelle, oscillaient entre indifférence et scepticisme face aux propositions gouvernementales de séparation des carrières, de scission du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et de création d’une Cour de justice.

Ces derniers mois, le projet de loi gouvernemental n’avait pas rencontré de réelle ouverture lors des discussions parlementaires. Malgré les consultations menées auprès des commissions judiciaires de la Chambre et du Sénat, l’Association nationale des magistrats (ANM), par le biais de son « Comité du Non », s’était préparée à un référendum de confirmation au printemps prochain. Le ministre a tenté de rassurer, affirmant vouloir se sentir « parmi eux, quoique virtuellement », évoquant l’exemple de De Gasperi à la Conférence de Paris après la guerre, mais sans grand succès.

Le tournant décisif est venu d’un ancien président de l’ANM, Giuseppe Santalucia. Son intervention a marqué une rupture, remettant en question l’idée même d’une réforme apolitique.
« Êtes-vous en train de nous dire que nous devons échapper à cette étreinte [de la politique] ? » a-t-il demandé, avant de souligner l’évidence : « Quoi de plus politique qu’une réforme constitutionnelle qui modifie la structure de l’ordre judiciaire ? » Ses propos ont été accueillis par des applaudissements enthousiastes, confirmant l’adhésion à une position politique claire.

Cette prise de position intervient alors que la réforme poursuit son chemin au Sénat, où Alberto Balboni, président de la commission sénatoriale des affaires constitutionnelles, espère achever les travaux cette semaine. La délibération finale ne pourra toutefois pas avoir lieu avant le 23 octobre, date limite fixée par le premier vote du Sénat du 22 juillet.

Le Premier ministre Giorgia Meloni avait déjà dénoncé les « juges politisés » italiens lors de l’Assemblée générale des Nations Unies. À ce stade, le conflit est ouvertement politique, et la réforme, désormais, portera cette étiquette sans ambages. L’appel du ministre à « Ne tombez pas dans l’étreinte mortelle de la politique » n’a donc pas eu l’effet escompté, et la réforme de la justice s’annonce comme un enjeu politique majeur pour les mois à venir.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.