Publié le 14 octobre 2025 à 21h09. Le Jungle Theater de Minneapolis présente une adaptation captivante du Verger de cerisiers d’Anton Tchekhov, une œuvre intemporelle qui résonne avec les enjeux sociaux et personnels d’aujourd’hui.
- La production, fruit d’une collaboration entre le Jungle Theater et la compagnie MoCo, offre une interprétation moderne et accessible du classique russe.
- L’adaptation met en scène seulement sept acteurs qui incarnent l’ensemble des personnages, simplifiant l’intrigue tout en conservant sa profondeur émotionnelle.
- La pièce explore les thèmes universels de la perte, du changement social et de la difficulté à s’adapter à un monde en mutation.
Le Verger de cerisiers, écrit à la fin du XIXe siècle, suit l’histoire de Liubov Ranevskaïa et de son frère Gaïev, qui doivent faire face à la vente de leur domaine familial, symbole d’un passé aristocratique en voie de disparition. L’arrivée de Lopakhine, un ancien serf devenu un homme d’affaires prospère, représente l’ascension d’une nouvelle classe sociale et la fin d’un certain mode de vie. Cette production, dirigée par Dominique Serrand, met en lumière la complexité des relations familiales et les défis économiques auxquels sont confrontés les personnages.
L’équipe artistique du MoCo, composée de Steven Epp, Dominique Serrand et Nathan Keepers, a revisité la pièce en s’appuyant sur une traduction de Paul Schmidt. L’adaptation condense l’histoire en deux heures, éliminant certains personnages ou les combinant, tout en conservant une langue accessible et contemporaine. Dominique Serrand, en plus de diriger la pièce, interprète le rôle de l’oncle Gaïev, apportant une touche de charme et de confusion au personnage. Nathan Keepers incarne avec brio Lopakhine, un homme tiraillé entre son affection pour la famille Ranevskaïa et son sens des affaires.
Tracey Maloney livre une performance poignante dans le rôle de Liubov, oscillant entre la joie et le désespoir face à la perte imminente de son domaine. Kenzi Allen, dans le rôle d’Anya, incarne la jeunesse et l’espoir, tandis qu’Elizabeth Efteland se distingue dans les rôles de Varia, la gouvernante pragmatique, et d’un jeune ami de la famille. Sophina Saggau et Randy Reyes complètent la distribution avec des interprétations remarquables. L’ensemble du casting fait preuve d’une grande expressivité physique, donnant vie aux personnages sur scène.
La scénographie, signée Dominique Serrand, utilise des projections pour évoquer l’atmosphère d’une maison de campagne russe en déclin, créant une ambiance onirique et mélancolique. Les costumes, conçus par Sonya Berlovitz, reflètent la gloire passée des personnages, à l’exception des tenues élégantes et ostentatoires de Lopakhine, qui soulignent son statut social. La conception des éclairages, réalisée par Marcus Dilliard, contribue à créer une atmosphère intime et immersive.
La pièce aborde des thèmes toujours d’actualité, tels que les inégalités sociales, les difficultés économiques et la perte des repères. Plusieurs passages et répliques résonnent particulièrement avec le contexte actuel. Mais au-delà de son message social, Le Verger de cerisiers est avant tout une histoire humaine, touchante et universelle, sur les joies et les peines de la vie.
Le Verger de cerisiers est à l’affiche au Jungle Theater à Uptown jusqu’au 2 novembre. Réservez vos places sur le site du Jungle Theater.
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| Liubov (Tracey Maloney) et ses deux filles (Elizabeth Efteland et Kenzi Allen, photo de Lauren B. Photography) |
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