Home NouvellesDès le début, ils ont mis Daniel Mitov là où il n’est pas à sa place

Dès le début, ils ont mis Daniel Mitov là où il n’est pas à sa place

by Nicolas Lefèvre

Publié le 14 octobre 2025 18:59:00. Le président Rumen Radev a opposé son veto à des modifications de la loi régissant les Services d’État pour la protection nationale (SANS), déclenchant un débat sur l’influence politique au sein des services de sécurité et la nécessité d’évaluations professionnelles des responsables.

  • Le président Radev critique l’ingérence politique dans les nominations au sein du SANS.
  • D’anciens responsables et un avocat soulignent l’importance d’évaluations objectives et professionnelles, notamment concernant Daniel Mitov.
  • Une enquête pour corruption au sein de la police de la circulation à Haskovo suscite des inquiétudes quant à des réseaux agissant pour des gains illicites.

Le veto présidentiel intervient dans un contexte de tensions politiques et de préoccupations croissantes concernant l’indépendance des institutions bulgares. Rumen Radev dénonce une instrumentalisation des nominations au sein du SANS, pointant du doigt des pressions exercées par des figures politiques.

L’ancien ministre de l’Intérieur, Emanuel Yordanov, a exprimé son inquiétude quant à la politisation des nominations, déclarant :

« Ils ont mis dès le départ Daniel Mitov où ce n’est pas sa place. Les gens qui Boïko Borissov élit les ministres de l’Intérieur, il y a deux groupes : les fonctionnaires qui ont été impliqués dans la politique et les gens qui n’ont rien à voir avec le ministère de l’Intérieur toute leur vie. »

Emanuel Yordanov, ancien ministre de l’Intérieur

Cette critique s’accompagne d’un appel à une évaluation professionnelle du travail de Daniel Mitov. L’avocat Dimitar Markovski a souligné que la démission récente de M. Mitov ne devrait pas être interprétée à la lumière des résultats électoraux locaux, mais plutôt sur la base de statistiques objectives concernant la lutte contre la criminalité :

« La démission de Mitov ne doit pas être liée aux résultats des partis électoraux locaux. L’évaluation doit être faite de manière professionnelle sur la base de statistiques. Elle est liée à la détection des crimes et aux mesures qui sont prises. »

Dimitar Markovski, avocat

Il a également ajouté que l’évaluation doit déterminer si M. Mitov a été à la hauteur de ses fonctions.

M. Yordanov a également suggéré que Boïko Borissov avait une capacité particulière à réagir de manière stratégique, même si cela impliquait de prendre des décisions impopulaires. Il a estimé que M. Mitov, en tant que choix de M. Borissov, était vulnérable à toute attaque et que la démission de Natalia Kiselova était une décision qui pouvait être prise sans hésitation.

Par ailleurs, l’enquête en cours sur une affaire de corruption au sein du Service du crime organisé de la police de la circulation à Haskovo suscite des inquiétudes. M. Markovski a mis en évidence l’existence de réseaux agissant de concert pour des gains illicites.

L’avocat a conclu en soulignant l’importance de ne pas répéter les erreurs du passé et en exprimant sa compréhension face à la réaction du président Radev, qui a été écarté du processus de sélection des personnalités clés du secteur de la sécurité. Il a rappelé que la Bulgarie est un État parlementaire et qu’il est crucial d’éviter de reproduire les erreurs commises précédemment.

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