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Près de 40 pour cent de postes vacants en moins à Bruxelles

by Amélie Bernard

Publié le 24 octobre 2024 10h15. L’économie belge affiche des signes de ralentissement, avec une croissance modérée et une prudence accrue des entreprises face à l’incertitude économique et politique. Les embauches sont au point mort, tandis que certains secteurs, comme la construction et le social, sont particulièrement touchés.

  • Le produit intérieur brut (PIB) belge devrait ralentir sa croissance, passant de 1,3 % en 2023 à 1 % en 2024 et 2025.
  • Les entreprises belges adoptent une attitude prudente, privilégiant la consolidation plutôt que l’expansion, en raison des tensions commerciales internationales et des incertitudes budgétaires nationales.
  • Plusieurs secteurs clés, notamment la construction, l’industrie, le transport et le secteur social, connaissent des difficultés et une diminution des embauches.

L’économie belge se trouve dans une phase délicate, ni particulièrement florissante, ni en crise ouverte, selon Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING. Les entreprises observent attentivement l’évolution de la situation avant de prendre des décisions importantes.

« La situation économique actuelle n’est pas très mauvaise, mais elle n’est pas bonne non plus. De nombreuses entreprises surveillent le chat hors de l’arbre. Des restructurations majeures accompagnées d’une vague massive de licenciements pourraient ne pas avoir lieu. Cependant, moins de personnes sont recrutées. »

Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING

La guerre commerciale avec les États-Unis, bien qu’en phase de stabilisation, reste un facteur d’incertitude. Au niveau national, le gouvernement belge doit également mettre en ordre ses finances publiques, ce qui pourrait entraîner des coupes budgétaires affectant les entreprises. Des mesures telles que la suppression de subventions au travail de nuit ou à la recherche pourraient peser sur leur croissance.

Selon Actiris, l’agence régionale pour l’emploi à Bruxelles, le ralentissement de la croissance du PIB est confirmé : 1,3 % en 2023, 1 % en 2024 et une prévision de 1 % pour 2025. L’incertitude politique en Région bruxelloise, avec l’absence prolongée d’un gouvernement formé, freine également les investissements des entreprises.

Les difficultés sont sectorielles. L’industrie est confrontée à des prix élevés de l’énergie, tandis que le secteur des transports subit la pression du commerce international, entraînant une diminution des recrutements. Le gel des recrutements dans les administrations bruxelloises, instauré en décembre 2023, a également un impact significatif. Dans le secteur informatique, l’essor de l’intelligence artificielle (IA) pourrait également jouer un rôle, à l’image de ce qui se passe aux États-Unis, où ce secteur est en déclin depuis plus d’un an.

Le secteur social et culturel bruxellois est particulièrement vulnérable. Romain Adam, porte-parole d’Actiris, souligne que l’absence de gouvernement bruxellois et les mesures d’austérité ont aggravé la situation budgétaire des organisations à but non lucratif.

« En raison d’un manque de clarté, les associations ne peuvent plus garantir des emplois ni prolonger leurs projets. C’est pour cela qu’ils embauchent moins. »

Romain Adam, porte-parole d’Actiris

Enfin, la crise dans le secteur de la construction, qui a déjà entraîné la suppression d’environ 7 000 emplois depuis 2021, est exacerbée à Bruxelles par la suppression des primes Renolution à partir de janvier 2025. Cette mesure aura un impact majeur sur l’activité et l’emploi dans le secteur, selon Adam.

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