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Comment le président Lee fera-t-il preuve d’une « diplomatie pragmatique sur la corde raide » au milieu de la lutte pour l’hégémonie entre les États-Unis et la Chine ?

Publié le 16 octobre 2025. À l'approche du sommet de l'APEC à Gyeongju, la Corée du Sud se trouve dans une position délicate, cherchant à équilibrer ses relations avec les États-Unis et la Chine tout en maximisant ses…

Comment le président Lee fera-t-il preuve d’une « diplomatie pragmatique sur la corde raide » au milieu de la lutte pour l’hégémonie entre les États-Unis et la Chine ?

Publié le 16 octobre 2025. À l’approche du sommet de l’APEC à Gyeongju, la Corée du Sud se trouve dans une position délicate, cherchant à équilibrer ses relations avec les États-Unis et la Chine tout en maximisant ses bénéfices économiques et stratégiques.

  • Le président Lee Jae-myung devra mener des négociations cruciales avec les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping lors du sommet de l’APEC.
  • Les tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine, illustrées par les sanctions imposées à Hanwha Ocean, compliquent le paysage diplomatique.
  • La Corée espère utiliser la question de la péninsule coréenne comme un point de convergence avec les trois grandes puissances.

Séoul se prépare à un sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) particulièrement complexe, où le président Lee Jae-myung devra jongler avec les intérêts divergents de Washington et de Pékin. Le thème central de ce sommet, « Un avenir durable : connexion, innovation, prospérité », met en lumière l’importance d’un ordre international fondé sur la coexistence et la coopération, mais sa concrétisation dépendra des efforts de chaque pays et de leur volonté de parvenir à un accord.

Selon un haut responsable du parti au pouvoir, la clé du succès réside dans la capacité de la Corée à tirer parti des exigences et des pressions exercées par les deux superpuissances.

« La clé est de savoir comment marcher sur la corde raide entre les deux grandes puissances, les États-Unis et la Chine, en utilisant les exigences et les pressions des deux côtés comme levier. »

Responsable clé du parti au pouvoir

L’organisation de sommets bilatéraux avec les États-Unis et la Chine constitue un défi majeur pour le président Lee. Le deuxième sommet Corée-États-Unis avec le président Trump et le premier sommet Corée-Chine avec le président Xi Jinping depuis onze ans, qui se rendra en Corée à cette occasion, sont des rendez-vous cruciaux. L’administration Lee est consciente de la nécessité de traduire sa « diplomatie pragmatique centrée sur les intérêts nationaux » en résultats concrets.

Cependant, le contexte international actuel est marqué par une escalade des tensions entre Washington et Pékin. Les sanctions imposées par le ministère chinois du Commerce à cinq filiales de Hanwha Ocean, en raison de leur coopération avec les États-Unis dans le domaine de la construction navale, illustrent cette situation. Cette question devrait être abordée lors de l’entretien entre le président Lee et son homologue chinois. Le gouvernement coréen pourrait saisir cette occasion pour plaider en faveur d’une réponse commune au protectionnisme américain et aux pressions commerciales.

Un responsable des affaires étrangères a déclaré : « Bien sûr, nous ne pouvons pas exclure cette possibilité », ajoutant : « La clé sera de savoir comment transformer une telle situation de crise en opportunité ».

Les attentes concernant la levée des restrictions culturelles chinoises, dites « vague coréenne », sont tempérées. Un responsable du parti au pouvoir a souligné la nécessité d’adopter une approche prudente : « Si l’objectif est excessif, cela entraînera des problèmes. Pour l’instant, il est conseillé de l’aborder avec l’attitude de construire une brique de confiance supplémentaire dans les relations étroites entre les deux pays. » Certains espèrent néanmoins un geste significatif de la part de la Chine, compte tenu de l’importance de cette visite pour rétablir les relations bilatérales.

Le sommet avec le président Trump s’annonce tout aussi délicat. L’administration Lee devra éviter de répéter les erreurs du passé, notamment les concessions accordées lors du sommet d’août pour éviter une crise avec les États-Unis. L’opinion publique coréenne attend des « résultats positifs » et non une simple gestion de crise.

Le directeur politique du bureau présidentiel, Kim Yong-beom, se rendra aux États-Unis le 16 octobre pour des discussions de suivi sur les négociations commerciales, mais le gouvernement ne s’attend pas à une conclusion avant le sommet de l’APEC. L’objectif principal sera de défendre les intérêts coréens face aux demandes américaines.

Les experts estiment qu’il est judicieux de mettre en avant la question de la péninsule coréenne, qui constitue un intérêt commun pour la Corée, les États-Unis et la Chine. Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes, a déclaré : « Sur la question de la péninsule coréenne, nous ne pouvons pas faire un seul pas en avant sans le soutien des quatre puissances environnantes », et a ajouté : « Il serait très significatif que nous puissions susciter la sympathie de la Chine et de la Russie pour la paix dans la péninsule coréenne, même si ce n’est pas un soutien pour une solution à la question nucléaire nord-coréenne, lors du premier événement diplomatique international depuis l’inauguration de l’administration Lee Jae-myung. »

La visite du vice-Premier ministre russe chargé des Affaires internationales, Alexeï Oberchuk, revêt également une importance diplomatique, signalant une reprise des relations entre la Corée et la Russie, interrompues sous l’administration précédente. Le président de l’Assemblée nationale, Woo Won-sik, avait déjà rencontré le président Vladimir Poutine lors de l’événement du Jour de la Victoire en Chine en septembre dernier.

Le journaliste Uhm Ji-won et Seo Young-ji [email protected]

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.